L’industrie du jeu vidéo en forte croissance au Canada

Outre des acteurs importants comme Ubisoft et Electronic Arts, installés à Montréal, le Québec compte une multitude de plus petits studios de renom comme Red Barrels et Sabotage Studio. Sur la photo, un gamer joue au jeu «Assassin’s Creed Syndicate», développé par Ubisoft Québec.
Photo: Sébastien Berda Agence France-Presse Outre des acteurs importants comme Ubisoft et Electronic Arts, installés à Montréal, le Québec compte une multitude de plus petits studios de renom comme Red Barrels et Sabotage Studio. Sur la photo, un gamer joue au jeu «Assassin’s Creed Syndicate», développé par Ubisoft Québec.

L’industrie du jeu vidéo au Canada est en forte croissance et compte désormais 27 000 emplois à la grandeur du pays, selon un nouveau portrait effectué pour l’Association canadienne du logiciel du divertissement (ALD), qui chiffre à 4,5 milliards la contribution économique du secteur dans le produit intérieur brut.

Ce bassin d’emplois (en équivalents temps plein) est en hausse de 28 % depuis que l’ALD a cartographié son industrie en 2017, indique l’étude produite par la firme-conseil Nordicity. Près de la moitié des effectifs, soit 13 000 personnes, se trouve au Québec, suivi de 7300 en Colombie-Britannique et 5000 en Ontario.

Invité à nommer le principal de défi l’industrie, le président de l’ALD, Jayson Hilchie, a répondu en entrevue que « depuis un an, nous avons fait l’objet d’un certain nombre de reportages négatifs, notamment au sujet de la violence, du “trouble du jeu vidéo” de l’Organisation mondiale de la santé, des loot boxes, etc. »

Le chapitre de l’OMS est survenu en juin 2018, quand cette institution de l’ONU a ajouté la dépendance au jeu vidéo dans sa nouvelle Classification internationale des maladies. Quelques mois auparavant, elle avait décrit le problème comme « une perte de contrôle sur le jeu […], au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt ». Quant au phénomène des « loot boxes », il s’agit de ce que certains appellent des lots aléatoires. Lorsqu’il en achète un à l’intérieur d’un jeu, le joueur ne sait pas ce qu’il contient. Cela a incité la Belgique à le placer dans la catégorie des jeux de hasard et à l’interdire sur son territoire.

Surtout au Québec

« Les 12 à 18 derniers mois ont été exigeants en ce qui concerne le discours qui a été érigé autour du secteur, a ajouté M. Hilchie. Mais comme l’indique le rapport, l’industrie connaît un succès phénoménal, surtout au Québec, où le gouvernement l’appuie depuis une vingtaine d’années avec des incitatifs fiscaux qui continuent de se solder par une forte croissance des emplois. En deux ans, on parle d’environ 3000 nouveaux emplois. » Outre des acteurs comme Ubisoft et Electronic Arts, le Québec compte une multitude de plus petits studios de renom comme Red Barrels et Sabotage Studio.

Le salaire moyen dans l’industrie canadienne est de 75 900 $, selon le rapport, en baisse de 2 % par rapport à 2017. Cela s’expliquerait par une hausse du nombre de travailleurs débutants et de ceux ayant une expérience intermédiaire.

Les résultats du rapport, qui recense également le nombre d’entreprises, leur taille et leur propriété, seront présentés par M. Hilchie à Montréal lundi dans le cadre du sommet du jeu vidéo MEGA + MIGS, un événement annuel qui réunit plus de 3000 professionnels du secteur.

Libre-échange

Par ailleurs, l’industrie du jeu vidéo espère toujours des nouvelles concernant le sort de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. « Nous sommes très heureux du fait qu’ils se soient entendus, mais nous attendons encore que l’accord soit ratifié par tout le monde. Ce n’est pas encore fait, même s’ils disent que ça l’est », a dit M. Hilchie.

Puisque les trois quarts des revenus de l’industrie canadienne proviennent de ventes réalisées à l’étranger, M. Hilchie avait expliqué au Devoir en 2017 que le secteur ne voulait surtout pas se retrouver « dans un environnement où il y aurait des tarifs sur nos jeux ». Les États-Unis comptent pour la moitié de ces revenus d’exportation.

À l’heure actuelle, l’accord a seulement été ratifié par le Mexique. « Aux États-Unis, le débat se poursuit. Et comme vous le savez, ils ont autre chose dans l’assiette présentement. Nous ne savons pas quand l’entente sera ratifiée, mais nous sommes satisfaits de ce qu’elle contient. »

Quelques chiffres

Emplois au Canada : 27 000

Emplois au Québec : 13 000

Salaire moyen : 75 900 $

Pourcentage des revenus provenant des exportations : 76 %