La Banque de Suède se déleste de ses obligations albertaines

La banque centrale de Suède a épuré ses réserves de change des obligations émises par l’Alberta.
Photo: Dan Pratt Getty Images La banque centrale de Suède a épuré ses réserves de change des obligations émises par l’Alberta.

Riksbank ajoute l’empreinte climatique à ses critères de sélection d’investissement. Premier geste en ce sens : La Banque centrale de Suède a épuré ses réserves de change des obligations émises par l’Alberta et par deux États australiens.

Les changements climatiques interpellent les banquiers centraux. Élevés au rang des risques systémiques, ils viennent moduler la conduite de la politique monétaire et ajouter aux risques financiers. La Banque de Suède y fait écho.

Dans une présentation faite mercredi à l’Université d’Orebro, le gouverneur de l’institution, Martin Flodén, consacre une partie de son texte au changement structurel que représente le réchauffement climatique. Et à l’influence que peut exercer une banque centrale, sur le « verdissement » des marchés financiers. Là où c’est sa responsabilité, « une banque centrale peut adopter une réglementation des marchés financiers de manière à orienter les investissements vers le développement durable ». Elle peut aussi agir sur ses propres investissements.

L’Australie et le Canada sont des pays qui ne sont pas reconnus pour leur bon travail climatique

L’actif de Riksbank se divise essentiellement en deux éléments. Un portefeuille de titres suédois de 400 milliards de couronnes (56 milliards $CAN) bâti dans le cadre de l’application de l’assouplissement monétaire quantitatif. Et une réserve de change de plus de 500 milliards (70 milliards $CAN), constituée principalement de bons du Trésor et d’obligations d’États étrangers.

La Canada montré du doigt

La Banque de Suède va mettre cette réserve de change à contribution. Même si l’expression « durable » reste à définir, l’institution a pris la décision d’ajouter l’empreinte climatique à ses choix d’investissement et de faire des émissions de GES le principal indicateur.

Le Canada et l’Australie, qui comptent pour 8 % de cette réserve, ont tôt fait d’apparaître sur le radar. « L’Australie et le Canada sont des pays qui ne sont pas reconnus pour leur bon travail climatique. Les émissions de GES par habitant y sont parmi les plus élevées au monde, quoiqu’elles varient considérablement d’un État à l’autre », a souligné Martin Flodén. À titre d’exemple, « l’intensité des GES est plus de trois fois supérieure en Alberta qu’en Ontario ou qu’au Québec. Résultat de notre nouvelle politique d’investissement, nous avons vendu nos obligations émises par l’Alberta au printemps. Pour les mêmes raisons, nous avons récemment vendu nos obligations émises par les États australiens de Queensland et de Western Australia. »