Protection des données: une commission spéciale sans Revenu Québec

Le premier ministre, François Legault, a rappelé que trois de ses ministres — Eric Girard (photo) aux Finances, Sonia LeBel à la Justice et Éric Caire à la transformation numérique — travaillaient à des projets de loi qui concernent la protection des données.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre, François Legault, a rappelé que trois de ses ministres — Eric Girard (photo) aux Finances, Sonia LeBel à la Justice et Éric Caire à la transformation numérique — travaillaient à des projets de loi qui concernent la protection des données.

Les partis d’opposition continuent de réclamer la participation de Revenu Québec à la commission spéciale pour faire la lumière sur la fuite de données survenue au Mouvement Desjardins en juillet et qui touche 4,2 millions de Québécois.

Après avoir rejeté deux demandes de mandat d’initiative, le gouvernement Legault a déposé une motion mercredi pour tenir une commission uniquement sur cet incident et qui exclut donc Revenu Québec. Or, les trois partis d’opposition réclament depuis des mois un mandat élargi.

« Ça, c’est comme si on faisait une enquête sur le sang contaminé et qu’on n’appelle pas Héma-Québec, a illustré le député solidaire Vincent Marissal. Revenu Québec, c’est le plus gros collecteur de renseignements personnels au Québec et ils ont eu des problèmes eux-mêmes ; et ils ne sont pas à l’abri. »

Le gouvernement veut convoquer le Mouvement Desjardins, l’Autorité des marchés financiers, Equifax, la Sûreté du Québec, l’Association des banquiers canadiens et le directeur scientifique du Réseau intégré sur la cybersécurité, Benoit Dupont.

Outre Revenu Québec, les partis d’opposition pressent le gouvernement d’ajouter Capital One — également victime d’une fuite de données —, l’agence de crédit TransUnion, des experts et des groupes de défense des droits des consommateurs.
 


« C’est important d’entendre comment Revenu Québec a géré le risque et de quelle façon ils comptent gérer le risque futur », a affirmé le député péquiste Martin Ouellet.

« L’enjeu est sérieux, l’enjeu est important, les Québécois veulent des réponses », a également souligné le député libéral, Carlos Leitao.

Le premier ministre, François Legault, a rappelé que trois de ses ministres — Eric Girard aux Finances, Sonia LeBel à la Justice et Éric Caire à la transformation numérique — travaillaient à des projets de loi qui concernent la protection des données.

« Est-ce qu’on peut commencer par écouter Desjardins?, a-t-il demandé en mêlée de presse. Actuellement, il y a 4 millions de personnes qui se demandent ce qui est arrivé, quels sont les risques, comment on s’assure que ça n’arrive plus. »

La motion sera débattue jeudi. Desjardins a déjà été entendu en comité parlementaire à Ottawa, peu de temps après avoir dévoilé qu’il avait été victime d’une fuite de données. Il a annoncé au début du mois que les données de 4,2 millions de membres particuliers avaient été dérobées et non 2,7 millions comme on l’estimait cet été.