L’OCDE plaide pour des gouvernements plus en phase avec leurs citoyens

Selon l’OCDE, le Canada était l’un des seuls pays cette année à avoir un gouvernement central composé à parts égales d’hommes et de femmes ministres. Sur la photo, le premier ministre, Justin Trudeau, et la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Selon l’OCDE, le Canada était l’un des seuls pays cette année à avoir un gouvernement central composé à parts égales d’hommes et de femmes ministres. Sur la photo, le premier ministre, Justin Trudeau, et la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna

Le Canada fait plutôt bien dans la lente et pourtant urgente marche des gouvernements vers des politiques mieux centrées sur leurs populations, rapporte l’OCDE.

Plus d’une décennie après la Grande Récession, les gouvernements du club des pays riches de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont aux prises avec un niveau d’endettement qui limite considérablement leur capacité d’action face au creusement des inégalités, à l’insécurité grandissante des travailleurs devant les changements technologiques, au piteux état des infrastructures ainsi qu’au ralentissement de la croissance qui menace de se transformer en nouvelle récession.

Ces tendances ont contribué à nourrir un mécontentement populaire et une crise de confiance à leur égard qui tombent bien mal à un moment où leurs ressources financières limitées les obligent à compter de plus en plus sur la confiance et la collaboration de tous les acteurs de la société.

Crise de confiance

« Dans ce contexte, il devient urgent d’adopter une approche en matière d’élaboration des politiques et de livraison des services qui soit centrée sur les populations », explique l’OCDE dans un rapport qui doit être dévoilé jeudi.

En moyenne, moins de la moitié (45 %) de la population des pays de l’OCDE dit avoir confiance en son gouvernement national et à peine 37 % estiment avoir un mot à dire dans ses politiques, déplore-t-on dans l’édition 2019 du Panorama des administrations publiques de l’organisation basée à Paris, qui présente une foule d’indicateurs aussi bien sur les perceptions des citoyens que sur les politiques et les finances publiques.

Il devient urgent d’adopter une approche en matière d’élaboration des politiques et de livraison des services qui soit centrée sur les populations

Une majorité de pays présentent néanmoins une certaine amélioration de l’accès, de l’adaptabilité et de la qualité de leurs services en santé, en éducation ou encore en regard de la justice, constate dans le rapport le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. On fait de mieux en mieux également en matière de transparence, d’efficacité et de reddition de comptes grâce, entre autres, à un meilleur accès aux banques de données numériques des gouvernements.

Bonne note pour le Canada

Le Canada fait généralement mieux que les autres pays riches, à en croire les chiffres présentés dans le rapport. Les taux de satisfaction du public y sont, par exemple, supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE, aussi bien à l’égard du système de santé (environ 75 % contre 70 %) qu’à l’égard du système d’éducation (70 % contre 65 %) et du système de justice (70 % contre 55 %).

Sa performance dans ces secteurs est toutefois loin d’être parfaite, à cause notamment de la part des dépenses privées en éducation, de la difficulté d’accès au système de justice et de la prévalence d’attaques cardiaques. En matière d’inégalités de revenus et de repartage de la richesse, les gouvernements canadiens ne se démarquent pas non plus de la moyenne des pays développés.

Par ailleurs, le Canada se classe parmi les meilleurs pour ce qui est de l’accès aux données publiques ainsi que des consultations des parties prenantes lors de l’élaboration des politiques publiques, selon le rapport de l’OCDE. Il était aussi l’un des seuls pays cette année à avoir un gouvernement central composé à parts égales d’hommes et de femmes ministres. Ce dernier faisait également office de modèle en ce qui a trait à la prise en compte, dans l’élaboration de toutes ses politiques, de leurs répercussions aussi bien sur l’égalité hommes-femmes que sur la lutte contre les changements climatiques.