Michael Sabia quittera la Caisse de dépôt un an plus tôt

Michael Sabia a dirigé la CDPQ pendant près de 11 ans.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Michael Sabia a dirigé la CDPQ pendant près de 11 ans.

Michael Sabia a devancé son départ à la direction de la Caisse de dépôt. Le président et chef de la direction de l’institution quittera son poste en février prochain plutôt qu’en mars 2021, ce qui vient renforcer le scénario voyant Sophie Brochu prendre le relais.

« Diriger la Caisse pendant près de 11 ans aura été le plus grand privilège de ma carrière […] La Caisse et ses équipes n’ont jamais été aussi solides, en position de force pour saisir les meilleures opportunités. C’est donc le temps pour moi de passer à mon prochain défi », a déclaré Michael Sabia, par voie de communiqué. Au chapitre du rendement, la Caisse a réalisé du 9,9 % par année sur 10 ans alors que la taille de l’actif a presque triplé, précise l’institution.

M. Sabia a accepté la proposition de l’Université de Toronto de diriger la Munk School of Global Affairs and Public Policy.

Le conseil d’administration de la Caisse a entamé le processus de sélection du prochain président et chef de la direction. Dans cette démarche, il s’est adjoint les services d’une firme internationale afin de l’appuyer dans l’examen de toutes les candidatures, a précisé le président du conseil, Robert Tessier.

 

Pour plusieurs observateurs, ce départ devancé s’explique par la disponibilité de candidats potentiels de qualité. Un avis que partage le directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau. « M. Sabia a pris le Réseau express métropolitain sur ses épaules. Il méritait de couper le ruban » en mars 2021. Il pense que le gouvernement a déjà quelqu’un d’autre en tête. « Si un candidat de qualité piaffe d’impatience… »

Louangeant le travail de M. Sabia, qui part, après 11 ans passés à la direction de la Caisse, avec un solide bilan, M. Nadeau croit également aux chances de Sophie Brochu de prendre le relais. « Si le candidat devait venir de l’interne, on aurait attendu à la fin du mandat de M. Sabia », ajoute-t-il. Reconnue pour ses qualités de gestionnaire, Mme Brochu doit quitter la présidence d’Énergir le 30 décembre, après 12 ans à la direction du distributeur. Elle avait auparavant fait ses classes à Gaz Métropolitain sous Robert Tessier.

Répondant à une question des journalistes demandant si le temps était venu de voir une femme diriger la Caisse, le ministre des Finances, Eric Girard, a répondu par un « certainement ». Il a toutefois refusé de se livrer au jeu des conjectures, ajoutant qu’il aurait « préféré que M. Sabia reste plus longtemps ».

M. Sabia a eu droit aux bons mots du gouvernement. « Il a fait de la Caisse un acteur encore plus incontournable de notre économie, et ce, au bénéfice de tous les Québécois », a déclaré le premier ministre François Legault.

« M. Sabia a amélioré les processus de gestion de la Caisse, ce qui a permis de générer des performances supérieures à ses indices de référence tout en créant des portefeuilles plus résilients », a renchéri Eric Girard.

Et Pierre Fitzgibbon d’ajouter : « Sa gestion rigoureuse comme p.-d.g. a permis d’amener la Caisse à un autre niveau […] Cela a toujours été un plaisir de travailler avec lui, autant au conseil d’administration de la CDPQ que comme ministre de l’Économie. »