L’emploi au Québec perd du terrain

Le marché québécois de l’emploi s’est contracté en octobre et le taux de chômage est passé de 4,8 à 5%.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le marché québécois de l’emploi s’est contracté en octobre et le taux de chômage est passé de 4,8 à 5%.

Ça ne pouvait pas continuer éternellement. Après quatre mois de gains consécutifs, le marché québécois de l’emploi a fini par se contracter en octobre et le taux de chômage est passé de 4,8 à 5 %, selon ce qu’a rapporté vendredi Statistique Canada.

Environ 9500 postes ont disparu de l’économie du Québec au cours du mois d’octobre, a indiqué l’agence fédérale, en soulignant que 4800 personnes ont quitté les rangs de la population active, ce qui explique l’augmentation du taux de chômage. À l’échelle canadienne, l’économie a perdu 1800 emplois et le taux de chômage est demeuré à 5,5 %.

Malgré le recul du mois d’octobre, le marché québécois se trouve en forte croissance. « Sur un an, 111 200 emplois nets ont été créés au Québec », a noté l’Institut du Québec dans son analyse mensuelle en précisant que le taux de chômage l’an dernier à pareille date était de 5,3 %.

 
9500
C’est le nombre de postes qui ont disparu de l’économie du Québec au cours du mois d’octobre

Par ailleurs, le salaire hebdomadaire moyen « est supérieur de 5,8 % à celui de l’an dernier (953 $ versus 901 $), signe que le resserrement du marché du travail se traduit en augmentation de la rémunération pour les travailleurs », a ajouté l’Institut du Québec.

Les données du mois dernier s’inscrivent dans une année particulièrement fructueuse en matière d’emploi, a rappelé la Banque TD dans une note aux clients. « Le rythme des gains affiché en début d’année n’était pas soutenable », a indiqué l’institution.

En hausse au Canada

Au Canada, l’emploi a augmenté de 443 000 postes (2,4 %) par rapport à l’an dernier, a précisé l’agence fédérale. Cela s’explique essentiellement par la hausse du travail à temps plein. Dans le détail, l’emploi « a diminué dans les secteurs de la fabrication et de la construction, mais il a progressé dans les administrations publiques ainsi que dans la finance, les assurances et les services immobiliers et de location ».

« Les croissances observées au cours des derniers mois appelaient, en quelque sorte, une correction, a estimé l’économiste Joëlle Noreau, du Mouvement Desjardins. Bien que les économies du Québec et de l’Ontario soient en croissance, les difficultés de recrutement et le nombre de postes vacants affichés témoignaient d’une dynamique du marché du travail qui était appelée à ralentir, du moins, temporairement. »

La Banque du Canada suit de près l’évolution du marché de l’emploi tout comme des variables ayant un effet direct sur l’économie, dont le marché de l’habitation et le niveau des dépenses de consommation. « Par contraste avec ces évolutions mondiales défavorables, l’économie canadienne se montre résiliente dans l’ensemble », a déclaré son gouverneur, Stephen Poloz, lors d’une conférence de presse en marge de la publication du Rapport sur la politique monétaire. « L’économie continue de créer des emplois à un rythme solide. Le taux de chômage se trouve près de son creux historique. De nombreuses entreprises disent souffrir d’une grave pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. »

En 2015, il y avait 5,5 chômeurs pour chaque poste vacant, a signalé cet été l’Institut du Québec dans une analyse exhaustive du marché de l’emploi actuel et futur. En 2018, la situation avait passablement changé : pour chaque poste, il n’y avait plus que 2,2 chômeurs.