Québec exhorté à sévir contre les entreprises laxistes en matière de protection des données

«Les vols de renseignements personnels et le piratage informatique sont devenus la norme, écrivent les auteurs de la pétition en ligne. Devant la crise, les gouvernements semblent désemparés et les élus adoptent des lois sans mordant.»
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Les vols de renseignements personnels et le piratage informatique sont devenus la norme, écrivent les auteurs de la pétition en ligne. Devant la crise, les gouvernements semblent désemparés et les élus adoptent des lois sans mordant.»

Une pétition en ligne publiée mercredi demande au gouvernement québécois de sévir contre les sociétés dont les efforts visant à protéger les renseignements de leurs clients s’avèrent insuffisants.

Publiée sur le site de l’organisation SumOfUs, qui se présente comme un groupe souhaitant « limiter le pouvoir grandissant des entreprises à travers le monde », la pétition exhorte Québec à imposer « des pénalités sévères aux entreprises qui échouent à protéger nos données personnelles ».

« Les vols de renseignements personnels et le piratage informatique sont devenus la norme, ont écrit ses auteurs. Devant la crise, les gouvernements semblent désemparés et les élus adoptent des lois sans mordant. Les membres de SumOfUs exigent une véritable imputabilité des entreprises incapables de surveiller nos données. »

Desjardins

Desjardins n’a pas voulu commenter la pétition. La mise en ligne de celle-ci survient dans la foulée d’une annonce de la direction de Desjardins, vendredi dernier, qui a fait passer le nombre de membres particuliers touchés par la fuite de renseignements personnels de 2,7 millions à 4,2 millions, c’est-à-dire tout le monde. Le nombre de membres entreprises touchés demeure pour l’instant à 173 000, sur un total de 350 000.

Cet été, deux demandes d’autorisation d’action collective ont été déposées peu après que Desjardins a révélé le vol de données. Par ailleurs, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, compte déposer un projet de loi pour renforcer la protection des renseignements personnels.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a l’intention de déposer un projet de loi pour encadrer les agences de crédit comme Equifax et TransUnion. Il serait question d’obliger ces agences à offrir aux consommateurs la possibilité d’activer un « verrou de crédit ». De manière concrète, ce service additionnel, offert aux États-Unis, empêcherait les tierces parties de consulter un dossier de crédit.

Le Québec est le seul endroit au Canada à ne pas avoir de loi couvrant le fonctionnement des agences de crédit.