Hydro-Québec compte être plus présente au Maine

Hydro-Québec affiche des surplus énergétiques depuis plusieurs années et elle mise sur l’appétit des États américains pour de l’énergie renouvelable afin de les écouler.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Hydro-Québec affiche des surplus énergétiques depuis plusieurs années et elle mise sur l’appétit des États américains pour de l’énergie renouvelable afin de les écouler.

La direction d’Hydro-Québec a l’intention d’être plus présente dans le Maine pour parler du projet New England Clean Energy Connect (NECEC), lequel se heurte à l’opposition de certains groupes qui craignent que la ligne ait des répercussions négatives sur la faune et les paysages.

« Il y a beaucoup de malentendus et c’est la raison pour laquelle Hydro-Québec a décidé de venir ici plus souvent dans les prochains mois, pour soutenir Central Maine Power (CMP), afin de répondre aux questions », a affirmé mardi le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, qui a profité d’un passage à Portland pour participer pour une première fois à une ligne ouverte à la radio de NPR.

Le processus d’obtention de permis de NECEC, un projet conjoint de CMP et d’Hydro-Québec, a commencé en 2017, mais plusieurs villes ont pris position contre le projet et une campagne citoyenne souhaite qu’il soit soumis à un référendum en 2020.

Le contrat liant Hydro-Québec et CMP à l’État du Massachusetts prévoit la vente de 9,45 térawattheures par année pendant 20 ans. Hydro-Québec, qui cherche à écouler ses surplus d’énergie, affirme que l’opération est un geste important dans la lutte contre les changements climatiques.

En répondant à une auditrice, M. Martel a affirmé au passage que « nous avons probablement été un peu absents dans les derniers mois ». Au fil du temps, a-t-il dit, des gens ont adopté une position qu’il « respecte » mais qui, selon lui, ne tient pas compte de l’ensemble des avantages du projet. « Ce projet apporte une contribution importante à la lutte contre les changements climatiques. Ça équivaut à retirer 750 000 véhicules de la circulation du jour au lendemain. »

«Je suis heureux d’entendre qu’Hydro-Québec veut passer plus de temps ici pour aider les gens à comprendre des projets comme ça », a dit Dylan Voorhees, du Conseil des ressources naturelles du Maine. Ce dernier faisait partie des invités de l’émission. « Nous sommes assez déçus du fait qu’Hydro-Québec ne s’est pas présentée aux audiences portant sur les permis, n’a pas participé aux travaux de la commission des services publics et n’a pas participé aux travaux du Département de la protection environnementale », a dit M. Voorhees, dont l’organisme critique le projet. « C’est noté », a répondu M. Martel en invitant son interlocuteur à une rencontre la prochaine fois qu’il se rendra dans le Maine.

Référendum possible

Invité à dire si la population du Maine devrait être conviée à un référendum sur la question, M. Martel a répondu : « Si c’est nécessaire, je suis tout en faveur de la démocratie. Mais je suis très sensible au fait qu’on va devoir avoir un dialogue ouvert, dans lequel les gens s’écoutent. Et si c’est nécessaire, si les gens du Maine ont besoin de voter, ça va. Je n’ai aucun problème avec ça. »

Du côté américain, le projet repose sur une ligne de 233 kilomètres qui parcourt l’ouest et le sud-ouest du Maine. Le grand patron d’Hydro-Québec a dit qu’un corridor existant couvre les deux tiers de la distance alors que l’autre tiers serait une nouvelle section. Celle-ci se trouve sur des terres qui font l’objet d’une exploitation forestière.

Hydro-Québec affiche des surplus énergétiques depuis plusieurs années et elle mise sur l’appétit des États américains pour de l’énergie renouvelable afin de les écouler.

Dans son « Plan d’approvisionnement 2020-2029 », déposé la semaine dernière auprès de la Régie de l’énergie, il est écrit que « les approvisionnements disponibles et à venir d’Hydro-Québec Distribution sont suffisants pour répondre aux besoins en énergie jusqu’en 2026, et en puissance jusqu’en 2025 ».

« De façon globale, la capacité de production des centrales d’Hydro-Québec et de ses autres sources d’approvisionnement dépasse les besoins de l’entreprise de plus de 40 TWh d’énergie disponible par année », précise le document. « Comme cette situation enviable devrait se maintenir au cours des prochaines années, Hydro-Québec continuera de disposer de suffisamment d’énergie pour alimenter le développement économique du Québec tout en contribuant davantage à la décarbonisation des marchés voisins en signant de nouveaux contrats d’exportation à long terme. »

En guise de comparaison, Hydro-Québec a réalisé des ventes nettes de 208,9 TWh l’an dernier, dont 36,1 TWh en exportation. On estime qu’un TWh peut alimenter 50 000 ménages.