L’opposition invite Québec à la prudence économique

Économiste et ancien ministre des Finances, Carlos Leitão appelle le gouvernement à la prudence.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Économiste et ancien ministre des Finances, Carlos Leitão appelle le gouvernement à la prudence.

Après les analystes, l’opposition invite à son tour le gouvernement Legault à la prudence dans sa mise à jour économique de jeudi.

D’entrée de jeu, le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a déclaré en mêlée de presse que, s’il n’y a pas un « surplus de dépenses » au Québec, il ne faut pas pour autant se laisser « trop emporter » par la performance économique. Pour sa part, le député péquiste Sylvain Gaudreault n’a pas été aussi loin — il n’a pas accusé le gouvernement Legault de trop dépenser —, se contentant de souhaiter des mesures visant à stimuler les investissements privés ainsi que la création d’emplois dans les régions.

Dans le climat actuel de grande incertitude et de volatilité, il faut être prudent

Carlos Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, a été plus loquace. Indiquant que le gouvernement a déjà envoyé plusieurs signaux suggérant qu’ils vont profiter de l’occasion de la mise à jour économique pour annoncer plusieurs mesures de dépenses et de revenus : « Ça va avoir l’air d’une espèce de… d’un mini-budget », a-t-il craint. « Moi, j’aimerais juste souligner que, dans le climat actuel de grande incertitude et de volatilité, il faut être prudent. On ne sait pas trop comment l’économie mondiale va tourner. »

Trouvant le gouvernement Legault « trop dépensier », il l’invite à s’en tenir à une adéquation entre la projection des dépenses de programme et la croissance de revenus autonomes. D’autant qu’aux yeux de l’économiste qu’il est, la menace de récession « est sérieuse ». « Le gouvernement a fait beaucoup de promesses. Il y a également les négociations avec le secteur public qui impliqueront des choix financiers. La renégociation des conventions collectives va ajouter trois, quatre, cinq milliards de plus par année aux dépenses de l’État », estime-t-il.

La veille, l’économiste Matthieu Arseneau, de la Banque Nationale, rappelait que l’état de santé plutôt impressionnant de l’économie québécoise traduisait « une extraordinaire conjonction de facteurs tout aussi favorables que temporaires ». L’économiste de la Nationale revenait également aux conclusions formulées cet été par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke prévoyant le retour des déficits budgétaires structurels dès cette année, après versement au fond des générations.

Le ministre des Finances, Eric Girard, en est conscient. Dans son commentaire publié le 27 septembre, il prévenait qu’« un ralentissement est attendu au deuxième semestre de 2019 en raison de la situation économique mondiale qui demeure incertaine, alors que la croissance de dépenses se maintiendra ».