La Chine rouvre ses frontières aux producteurs de viande canadiens

La valeur des exportations de l’industrie québécoise du porc à destination de la Chine était de 283 millions de dollars en 2018.
Photo: Andrew Vaughan Archives La Presse caandienne La valeur des exportations de l’industrie québécoise du porc à destination de la Chine était de 283 millions de dollars en 2018.

Après un embargo d’environ quatre mois, la Chine a décidé de rouvrir les portes de son marché aux producteurs canadiens de porc et de boeuf.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé qu’un accord était intervenu, mardi sur son compte Twitter. « Merci à l’ambassadeur [Dominic] Barton et à l’industrie canadienne de la viande d’avoir contribué à rouvrir ce marché clé pour nos producteurs de viande et leurs familles », a-t-il fait valoir.

Le président du Conseil des viandes du Canada, Chris White, a également salué ce dénouement, puisque la Chine est le deuxième marché en importance pour les exportations de porc et le cinquième en ce qui a trait aux produits du boeuf. « C’est une excellente nouvelle, en particulier à la veille d’une mission dirigée par l’industrie en Chine, que le conseil a organisée pour rencontrer les autorités chinoises », a souligné M. White.

Ce conflit a surtout nui à l’industrie porcine canadienne, qui avait vu les portes de l’important marché chinois se fermer dans la foulée d’une affaire où des certificats d’exportation auraient été falsifiés. Selon des données fournies précédemment par les Éleveurs de porcs du Québec, la valeur des exportations de l’industrie québécoise à destination de la Chine a été de 283 millions en 2018. Au pays, c’est 70 % de la production qui est destinée à l’exportation. Les pertes dues au litige ont été évaluées à environ 119 millions.

Cet embargo décrété par Pékin s’ajoutait à d’autres mesures de rétorsion des autorités chinoises après l’arrestation en décembre dernier à Vancouver de Meng Wanzhou, une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei.

Au début du mois de mai, la Chine avait également suspendu temporairement les permis d’exportation des producteurs québécois Olymel et Drummond Export, apparemment en raison d’un problème d’étiquetage. Dans le cas d’Olymel, cette décision touche son usine albertaine de Red Deer.

Parallèlement au dossier du porc, la Chine avait également décidé, en mars, de suspendre les permis d’exportation des producteurs canadiens de canola en affirmant que leur marchandise était contaminée.

Le Canada exporte environ 40 % de ses produits de canola en Chine. Les exportations de semences de canola vers la Chine ont atteint une valeur de 2,7 milliards en 2018, selon le Conseil canadien du canola.