Les sables bitumineux albertains au cœur d’une autre poursuite aux États-Unis

Les documents allèguent qu’Exxon a sous-évalué de 30 milliards l’impact de la tarification du carbone sur 14 projets de sables bitumineux en Alberta.
Photo: Dan Prat Getty Images Les documents allèguent qu’Exxon a sous-évalué de 30 milliards l’impact de la tarification du carbone sur 14 projets de sables bitumineux en Alberta.

Les sables bitumineux de l’Alberta sont au coeur d’une deuxième poursuite pour fraude intentée cette semaine aux États-Unis contre la pétrolière ExxonMobil. Après l’État de New York, c’est au tour du Massachusetts d’accuser la multinationale de tromper les investisseurs sur les répercussions financières des mesures liées aux changements climatiques sur ses activités, en particulier dans le secteur des sables bitumineux.

Exxon a indiqué aux investisseurs qu’elle avait évalué ses projets avec une tarification du carbone élevée et en augmentation constante, alors qu’en réalité, selon le Massachusetts, la pétrolière aurait utilisé un chiffre beaucoup plus bas et stable. La poursuite, déposée jeudi, allègue que cette sous-évaluation du « risque climatique » a eu pour effet d’augmenter la valeur réelle des réserves de pétrole d’ExxonMobil.

 

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La poursuite du Massachusetts est semblable à celle qui se trouve actuellement devant un tribunal de l’État de New York. Cette poursuite cite 14 projets de sables bitumineux en Alberta auxquels ExxonMobil participe par l’intermédiaire de sa filiale canadienne, L’Impériale. L’État de New York affirme qu’Exxon « a créé l’illusion qu’elle avait pleinement pris en compte les risques de la réglementation future en matière de changement climatique et qu’elle en avait tenu compte dans ses activités commerciales […] Or l’entreprise était exposée à un risque bien plus important que ce que les investisseurs ont été amenés à croire ».

Les documents allèguent qu’Exxon a sous-évalué de 30 milliards l’impact de la tarification du carbone sur 14 projets de sables bitumineux en Alberta. La poursuite affirme que les coûts en carbone du projet Kearl dans le nord de l’Alberta ont été sous-estimés de 94 %. Les documents allèguent également que les faibles évaluations des coûts de la tarification du carbone ont exagéré la vie économique utile de certains actifs. Ils affirment que la durée de vie des installations de L’Impériale à Cold Lake, en Alberta, serait 28 ans plus courte si un prix du carbone réel lui était attribué.

Exxon a tenté à deux reprises de bloquer l’affaire. L’avocat de la compagnie, qualifiant les accusations de bizarres et tordues, a affirmé mardi qu’Exxon n’avait rien fait de mal. Il a été ajouté que la poursuite à New York ne tenait pas compte de toutes les méthodes utilisées par l’entreprise pour évaluer le « risque climatique ».