Le système de retraite canadien monte dans le classement mondial

Selon Mercer, l’augmentation du nombre de travailleurs bénéficiant d’un régime de retraite et le désendettement des ménages sont au nombre des variables qui pourraient permettre au Canada de grimper davantage dans le classement des systèmes de retraite.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon Mercer, l’augmentation du nombre de travailleurs bénéficiant d’un régime de retraite et le désendettement des ménages sont au nombre des variables qui pourraient permettre au Canada de grimper davantage dans le classement des systèmes de retraite.

Le système de retraite canadien est passé du 10e au 9e rang d’un classement annuel publié lundi par la firme-conseil Mercer, dont l’analyse de 37 pays repose sur l’évaluation de la couverture, de la durabilité et de l’intégrité des différents systèmes. Encore une fois, les Pays-Bas et le Danemark terminent au sommet.

Selon Mercer, dont le classement a été produit en Australie avec un appui gouvernemental et universitaire, l’augmentation du nombre de travailleurs bénéficiant d’un régime, le désendettement des ménages et une hausse de la participation au marché de l’emploi chez les travailleurs plus expérimentés sont au nombre des variables qui pourraient permettre au Canada d’améliorer son pointage.

De manière précise, le Canada a reçu la cote B, comme l’an dernier, mais sa note globale est passée de 68 à 69,2, notamment en raison des critères d’évaluation entourant le Régime de pensions du Canada (RPC) et le Régime de rentes du Québec (RRQ).

« Le Canada continue de progresser en matière d’épargne-retraite », a dit en entrevue F. Hubert Tremblay, conseiller principal au sein du domaine Avoirs de Mercer Canada. « Par contre, ces avancées-là vont probablement être contrebalancées par […] un glissement des régimes à prestations déterminées vers les régimes à cotisations déterminées. Ça amène toutes sortes de défis pour adapter le système de retraite. »

La description d’un système de retraite repose parfois sur l’image d’une maison. Le premier étage est celui de la Sécurité de la vieillesse, offerte à la quasi-totalité des citoyens, qu’ils aient travaillé ou non. Le deuxième étage est celui des régimes obligatoires pour les travailleurs, comme le RRQ ou, ailleurs au Canada, le RPC. Le troisième étage désigne l’épargne personnelle ou les régimes complémentaires.

Après plusieurs années de débat public portant sur les diverses façons d’augmenter le taux de remplacement des revenus à la retraite, le gouvernement fédéral et les provinces ont convenu de bonifier les régimes publics. Au Québec, la mesure est entrée en vigueur en 2019, l’objectif étant de faire passer de 25 à 33,3 % le taux de remplacement du revenu. Le plein effet de cette bonification se fera sentir en 2065.

Classement

Après les Pays-Bas et le Danemark (A), le classement se déroule comme suit : Australie (B +), Finlande, Suède, Norvège, Singapour, Nouvelle-Zélande, Canada, Chili (B). Les États-Unis arrivent au 16e rang, devant la France qui est 18e. La différence entre les pays qui obtiennent A et ceux qui obtiennent B repose principalement sur la présence de variables qui, selon Mercer, pourraient faire l’objet d’une amélioration.

Dans la catégorie « couverture », qui analyse notamment la couverture des personnes pauvres, le taux de propriété et le taux d’épargne, l’Irlande se classe première, suivie de la France.

Par ailleurs, Mercer a signalé une « forte corrélation entre le niveau d’actif des régimes de retraite et la dette des ménages ». Selon la firme, cela est lié à un « effet richesse ». « Plus l’actif des régimes de retraite augmente, plus les particuliers se sentent riches et sont ainsi plus susceptibles d’emprunter davantage », a-t-elle écrit.

« À mesure que les avoirs des particuliers s’accumulent, qu’il s’agisse de leur résidence, de leur portefeuille de placement ou de leur épargne-retraite, ils deviennent de plus en plus à l’aise de s’endetter », selon l’auteur de l’étude, David Knox, associé principal chez Mercer en Australie. « Les faits démontrent qu’à l’échelle mondiale, pour chaque dollar additionnel dans les avoirs de retraite d’une personne, la dette nette de son ménage augmente d’un peu moins que 50 cents. »