Les exportations du Québec en Chine toujours en hausse

Les entreprises chinoises ont notamment besoin des exportations québecoises en minerais.
Photo: Gérald Dallaire Archives Le Devoir Les entreprises chinoises ont notamment besoin des exportations québecoises en minerais.

Les exportations québécoises continuent d’augmenter en Chine en dépit des tensions diplomatiques et commerciales avec le Canada. Les ventes du Québec sur le marché chinois ont augmenté de 10 % depuis le mois de janvier en comparaison avec la même période l’an dernier.

Moins forte que ce qu’on connaissait jusque-là, cette hausse se démarque tout de même de la tendance générale au Canada, où l’ensemble des exportateurs ont plutôt accusé un recul de 4 % sous le coup des barrières commerciales imposées par Pékin — notamment contre la viande et le canola canadiens — après l’arrestation au Canada de la numéro deux du géant chinois Huawei, a observé vendredi le directeur des représentations du Québec en Chine, Jean-François Lépine, en marge d’une conférence devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Le drapeau du Québec passe inaperçu, ou suscite de l’intérêt

Cette croissance continue des exportations tient peut-être en partie au fait que des contrats de vente étaient déjà signés avant que n’éclate la crise, a-t-il observé. Il se plaît toutefois à croire que cela vient aussi du besoin des compagnies privées chinoises en ce que le Québec peut leur offrir en minerais, en équipements aéronautiques et ferroviaires, en services d’ingénierie ou plus généralement en capacité d’innovation et de créativité.

Les autres compagnies canadiennes ont aussi la manie, à l’étranger, de se draper du drapeau canadien, qui est devenu radioactif en Chine ces derniers mois, note-t-il, « alors que le drapeau du Québec passe inaperçu, ou suscite de l’intérêt. Cela aide aussi ».

Le pire de la crise entre le Canada et la Chine pourrait être passé, poursuit le chef des quatre représentations du Québec en Chine. Des voix à Pékin auraient commencé à dire qu’on y est allé peut-être un peu trop fort avec les sanctions dans cette histoire. « On voit une volonté de peut-être atténuer un peu les choses, mais sans perdre la face. »

L’impératif asiatique

L’escalade de la tension entre les deux pays en a sans doute refroidi quelques-uns dans la communauté d’affaires québécoises qui s’intéressaient au marché chinois, déplore Jean-François Lépine. Il faudrait, pourtant, consacrer tellement plus d’attention, de ressources et de temps à l’apprivoisement, puis à la conquête de ce marché immense en rapide expansion, non seulement chinois, mais aussi indien et asiatique en général.

Si la Chine est déjà le deuxième marché d’exportation du Québec, avec 3,6 milliards de ventes l’an dernier, il reste loin derrière les États-Unis, à plus de 64 milliards.

Les exportations québécoises vers l’ensemble du marché Asie-Pacifique ont doublé depuis 10 ans, mais ne représentent toujours que 10 % du total des ventes du Québec à l’étranger, a rappelé la ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, à la tribune du CORIM avant de céder la scène aux chefs des représentations du Québec en Asie basées en Chine, en Inde, au Japon, en Corée du Sud et, depuis l’an dernier, à Singapour. La Stratégie de conquête des marchés qu’elle doit dévoiler au début de l’année fixera des objectifs d’augmentation de la présence québécoise dans ces marchés qui seront ciblés et chiffrés, a-t-elle assuré en marge de la conférence. « Ces marchés présentent un incroyable potentiel. »