La SQDC en arbitrage pour déterminer le salaire de ses employés

La direction de la SQDC a confirmé que les deux parties s’étaient entendues sur le choix de l’arbitre et que celui-ci trancherait la question des salaires.
Photo: Francis Vachon Le Devoir La direction de la SQDC a confirmé que les deux parties s’étaient entendues sur le choix de l’arbitre et que celui-ci trancherait la question des salaires.

Un an après l’ouverture de la première succursale de la Société québécoise du cannabis, la société d’État et le SCFP se sont entendus sur le choix d’un arbitre, qui aura pour mandat de déterminer les salaires des employés, a appris La Presse canadienne.

Ces employés touchent 14 $ l’heure à l’embauche, avec une augmentation de 25 ¢ l’heure après 1040 heures de travail, a précisé en entrevue jeudi Mathieu Dumont, coordonnateur du service de syndicalisation au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Le SCFP, qui est affilié à la FTQ, a déposé des requêtes en accréditation syndicale et représente les employés de 18 succursales de la SQDC au Québec. Il affirme qu’environ 8o % de la convention collective est déjà réglée et qu’il reste essentiellement la question salariale à trancher.

La première année […] représente une année difficile en termes de conditions de travail ; c’est une année de pauvreté à 14 $ l’heure […]

 

La direction de la SQDC, quant à elle, a confirmé que les deux parties s’étaient entendues sur le choix de l’arbitre et que celui-ci trancherait la question des salaires.

« On demande au ministère de nommer un arbitre, conjointement, qui est capable d’entendre le dossier directement au mois de novembre. Ce n’est pas une convention collective au complet qui est à trancher ; c’est vraiment la question salariale sur laquelle il reste des désaccords. On a bon espoir qu’il puisse l’entendre en novembre et peut-être même prendre une décision pour Noël cette année », a lancé M. Dumont.

À qui les comparer ?

Le débat qui devra être tranché est celui du point de comparaison pour ces salariés : doivent-ils être comparés aux employés du commerce de détail dans le secteur privé ou à ceux d’autres sociétés d’État à vocation commerciale, comme la Société des alcools ?

« Ce n’est pas parce qu’on est une société d’État que soudainement il faudrait que les salaires soient disproportionnels avec notre marché », a lancé Jean-François Bergeron, président-directeur général de la SQDC.

Dans le commerce de détail, les salaires vont de 12,50 $ l’heure à 16 $ l’heure, alors qu’à la Société des alcools, ils sont présentement de 20,46 $ à 26,46 $ au huitième et dernier échelon pour un caissier-vendeur.

Jeudi, les employés de la SQDC représentés par le SCFP portaient un polo aux couleurs de leur syndicat avec un macaron, pour marquer leur désaccord avec l’employeur sur la question salariale.

« La première année, pour nous, représente une année difficile en termes de conditions de travail ; c’est une année de pauvreté à 14 $ l’heure, pour la plupart », a déploré quant à lui David Clément, président de la section locale 5454 du SCFP, lui-même employé de la SQDC à Gatineau.

Il affirme que certains employés quittent déjà la SQDC à cause des conditions salariales, « non pas parce qu’ils n’aiment pas le travail, non pas parce qu’ils ne se sentent pas utiles en succursale, mais bien parce qu’à 14 $ l’heure, même si on est à temps plein, on reste sous le seuil de la pauvreté. Et il y a d’autres options plus intéressantes pour la survie financière », a commenté M. Clément.

En plus du SCFP, le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools, rattaché à la CSN, représente les employés de quatre autres succursales de la Société québécoise du cannabis.