Fin de grève en vue chez General Motors aux États-Unis

Près de 50 000 salariés américains syndiqués de GM sont en grève et réclament entre autres des hausses de salaire.
Photo: Jeff Kowalsky Agence France-Presse Près de 50 000 salariés américains syndiqués de GM sont en grève et réclament entre autres des hausses de salaire.

Après un mois de grève aux États-Unis, General Motors (GM) et le syndicat UAW ont annoncé mercredi qu’ils étaient parvenus à un accord préliminaire qui pourrait mettre fin à ce mouvement sans précédent depuis plus d’une décennie.

Le texte doit encore être approuvé par le Conseil national du syndicat lors d’un vote jeudi avant d’être soumis aux adhérents, précise un communiqué de l’UAW. Le Conseil national décidera alors si la grève continue jusqu’à l’adoption finale du texte ou si elle s’arrête le 17 octobre. « Les négociateurs nationaux élus ont voté pour recommander au Conseil national UAW-GM d’accepter cet accord préliminaire parce qu’il apporte des gains importants aux membres du syndicat », selon le communiqué.

Pour l’heure, le syndicat n’a donné aucun détail sur l’accord lui-même, attendant que le Conseil national l’approuve. GM est resté encore plus discret, se contentant de confirmer « ce que dit l’UAW dans son communiqué sur un accord préliminaire ».

Si le feu vert est donné, le texte de l’accord préliminaire sera partagé avec tous les membres pour qu’ils puissent se prononcer dessus. « Cet accord ne sera ratifié que si les membres UAW-GM l’adoptent », souligne le communiqué.

Contexte difficile

Cet accord préliminaire survient dans un contexte difficile pour l’automobile américaine, un des poumons industriels du pays mais dont les ventes devraient baisser cette année après des records depuis 2014, d’après Standard and Poor’s. Les constructeurs sont également en train de rénover leurs usines, avec davantage de robotisation, et investissent massivement dans les véhicules électriques et autonomes, considérés comme l’avenir du secteur.

Après des accrocs ces derniers jours, les choses se sont décantées en début de semaine entre la direction de GM et l’UAW. Mary Barra, la p.-d.g. de GM, avait rejoint mardi la table des négociations, laissant à penser qu’un dénouement était proche pour une grève qui paralyse la production du constructeur automobile aux États-Unis depuis le 16 septembre et qui a forcé la mise au chômage technique de milliers d’employés, y compris au Canada et au Mexique.

Revendications

GM et l’UAW avaient repris leurs négociations lundi, après une impasse due au rejet, la semaine dernière, de l’offre du constructeur sur les intérimaires et la pérennisation des emplois. Les négociations achoppaient notamment sur le traitement des intérimaires ayant travaillé pour GM pendant quatre ans au moins.

Près de 50 000 salariés américains syndiqués de GM sont en grève. Ils réclament des hausses de salaire et l’amélioration de la situation des employés embauchés après le sauvetage historique du groupe de la faillite en 2009 par le gouvernement Obama.

« Tout le monde est affecté par ces cinq semaines de grève », avançaient mardi les analystes du cabinet Bank of America Merrill Lynch. Pour GM, qui produit normalement 8400 véhicules par jour aux États-Unis, l’arrêt de production occasionne 100 millions de dollars de perte quotidienne environ, calculent les experts. « Nous estimons la perte d’exploitation à 2 milliards pour GM », avance la Bank of America, tandis que le manque à gagner est, selon la banque, de plus de 4000 $ nets par salarié.

Virage vers les autos électriques

Cette grève risque d’enrayer la stratégie de GM donnant la priorité au développement des voitures électriques et autonomes, pour lesquelles le géant de Detroit a promis de doubler les investissements dans les deux prochaines années. Le groupe a dans cette optique lancé une cure d’austérité visant à économiser 6 milliards par an d’ici 2020 grâce à des fermetures d’usines et l’abandon de la production de certaines citadines et berlines aux ventes déclinantes.

Pour rester compétitif, GM « a besoin » d’un accord « avec l’UAW qui préserve sa flexibilité opérationnelle et soutient son virage vers l’électrification et l’autonomie », insiste Bruce Clark, analyste chez Moody’s. Cet expert fait valoir qu’avant cette grève, GM proposait déjà le plus gros salaire horaire dans le secteur aux États-Unis, soit 63 $US contre 50 $US pour ses concurrents étrangers dans leurs usines situées dans le sud du pays à la culture syndicale non existante.

Outre GM et les salariés nord-américains, la grève pèse également sur les fournisseurs de composants automobiles du constructeur, comme le groupe Magna.