Résolu réfléchit à l’avenir du papier journal

Le président et chef de la direction de Résolu, Yves Laflamme
Photo: Cercle canadien de Montréal Le président et chef de la direction de Résolu, Yves Laflamme

Aux prises avec une diminution de la demande pour le papier journal, Produits forestiers Résolu aura devant elle toute une réflexion à faire au cours des prochaines années sur l’avenir de ses usines qui en produisent, selon son président et chef de la direction.

Tout en rappelant que l’entreprise a déjà réduit sa production en 2017, comme beaucoup d’autres dans le secteur, Yves Laflamme a évoqué mardi la possibilité de convertir des usines vers d’autres produits quand cette option est faisable. Il précise qu’une telle opération n’est pas nécessairement facile.

« On a fermé chez Résolu l’équivalent de 200 000 tonnes jusqu’à maintenant cette année, de façon sporadique. Ce n’est pas une bonne recette, ça. Il va falloir qu’on fasse un move à un moment donné », a affirmé M. Laflamme en marge d’une allocution qu’il a donnée au Cercle canadien de Montréal.

« Dans les années à venir, il va y avoir de plus en plus de papier qui va disparaître. Donc, la question, c’est : est-ce qu’on ferme ces installations-là en pouvant maintenir une croissance dans d’autres produits ? Ou est-on capables de rediriger ces usines-là vers autre chose ? Et ça, c’est un gros défi, parce qu’une machine à papier, ce n’est pas simple de faire autre chose avec ça », a précisé M. Laflamme, en poste depuis un an et demi. Fermer une usine n’est « jamais plaisant », a-t-il dit.

Résolu produit notamment du bois d’oeuvre, de la pâte commerciale, du papier à usage spécial (livres, magazines) et, après une décision consistant à diversifier ses activités, du papier tissu. La grande majorité de ses quelque 7400 employés se trouvent au Québec. En 2018, la compagnie a enregistré des ventes de 3,76 milliards, dont près de 900 millions provenaient du papier journal.

Demande en baisse

En 2000, a indiqué M. Laflamme lors de son allocution, la demande mondiale de papier journal était de 38 millions de tonnes métriques. Dix-huit ans plus tard, elle se situait à 20 millions de tonnes.

À l’heure actuelle, Résolu compte sept usines de papier journal : à Clermont, à Gatineau, à Amos, à Baie-Comeau, à Thunder Bay (Ontario), à Augusta (Géorgie) et à Grenada (Mississippi). Celle de Thorold, en Ontario, a été fermée pour une période indéterminée au début de 2017. La capacité actuelle de la compagnie se chiffre à 1,6 million de tonnes, soit « 8 % de la capacité de production mondiale et 38 % de la capacité de production nord-américaine », indique le site Internet de Résolu.

Selon les données annuelles les plus récentes de Ressources naturelles Canada, l’industrie forestière canadienne a produit 3,05 millions de tonnes métriques de papier journal en 2017, une chute de plus de 50 % par rapport aux 6,64 millions de tonnes en 2007. L’essentiel de la baisse est survenu dans les années de la crise financière, mais elle se poursuit toujours.

La compagnie dévoilera le 31 octobre ses états financiers du troisième trimestre 2019. Depuis un an, le cours de l’action de Résolu à la Bourse de Toronto est passé de près de 18 $ à 5,73 $. Cette chute survient dans un contexte où le prix du bois d’oeuvre sur les marchés connaît une forte baisse depuis un sommet de 630 $US atteint en mai 2018. Il se négocie ces jours-ci à environ 380 $US.