La SQDC dresse un bilan positif malgré un départ difficile

La SQDC compte 21 succursales et travaille sur 22 autres chantiers.
Photo: Martin Ouellet-Diotte Agence France-Presse La SQDC compte 21 succursales et travaille sur 22 autres chantiers.

Un an après le lancement de la Société québécoise du cannabis (SQDC), son président et chef de la direction dresse un bilan positif en dépit des problèmes d’approvisionnement qui ont marqué les premières semaines de la nouvelle chaîne, forcée de réduire ses jours d’ouverture au bout d’une semaine seulement.

Nommé au mois de mars pour un mandat de cinq ans, Jean-François Bergeron a profité d’une tribune à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain mercredi pour énumérer les enjeux initiaux avec lesquels la SQDC a dû composer, du transport du cannabis à l’acceptabilité sociale en passant par « un produit controversé dans un encadrement législatif extrêmement complexe ».

Rupture de stock

Rapidement, les étalages de la nouvelle société d’État ont commencé à se dégarnir. « Non, ce n’est pas une mauvaise planification. Ce n’est pas non plus une demande supérieure à nos prévisions », a affirmé M. Bergeron lors de son allocution devant un auditoire de gens d’affaires.

« Toutes les provinces vivaient le même problème. Peu importe le modèle d’affaires retenu : privé, public, hybride. Peu importe le nombre de producteurs retenus. C’est l’industrie au grand complet qui était en rupture de stock. Les producteurs avaient tous spéculé sur les capacités de production supérieures à leurs capacités réelles actuelles. Ils avaient tout simplement besoin de plus de temps », a ajouté le président de la SQDC. Il n’était pas disponible pour des entrevues après son discours.

Avant d’être recruté pour diriger la nouvelle société d’État, M. Bergeron était jusqu’en mars dernier vice-président responsable de la chaîne d’approvisionnement à la Société des alcools du Québec. Il a également occupé des postes de haute direction au sein de la firme d’ingénierie WSP, d’Astral Média et de Kruger.

Puisque la SQDC n’était pas encore en activité au début de 2018, c’est la SAQ qui a signé les premiers contrats d’approvisionnement avec les grands producteurs. Selon l’annonce du 11 avril 2018, il s’agissait de la société gatinoise Hydropothicaire (devenue Hexo, 20 000 kg), de Canopy Growth (12 000 kg), de MedReleaf (8000 kg), d’Aphria (8000 kg), d’Aurora Cannabis (5000 kg) et de High Park (Tilray, 5000 kg).

Du mois d’octobre au mois de mars 2019, la SQDC a vendu environ 9200 kg de fleurs séchées et 700 kg d’autres produits, comme des atomiseurs et de l’huile.

« On savait que l’approvisionnement serait le maillon faible, a affirmé le président de la SQDC. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on avait rapidement mis en place des contrats d’approvisionnement avec des producteurs, les plus gros, les plus solides et les plus matures. » Aujourd’hui, « les tablettes sont pleines, l’offre est complète, on est revenu à sept jours sur sept, et notre site Internet [transactionnel] n’a jamais flanché une seule fois ».

La SQDC compte 21 succursales et travaille sur 22 autres chantiers. Au cours de son premier exercice, composé de seulement six mois d’activités terminés le 30 mars 2019, elle a enregistré des revenus de 71,2 millions et un bénéfice brut de 13,2 millions.

Quant au premier trimestre de l’exercice 2019-2020, il s’est soldé par des revenus de 45 millions et un bénéfice net de 1,3 million. M. Bergeron, selon qui la SQDC a vendu 27000 kg au total jusqu’ici, s’attend à ce que la société dégage un bénéfice net de 20 millions cette année. Sur une base annuelle, la SQDC est présentement en mesure de vendre 44 000 kg, soit « 30 % du marché noir ».

Légal versus illégal

Par ailleurs, le prix moyen d’un gramme de cannabis a diminué de 6,4 %, à 7,37 $, au cours du troisième trimestre, a indiqué mercredi Statistique Canada.

Le prix moyen de la marijuana légale a reculé à 10,23 $ le gramme, contre 10,65 $ au deuxième trimestre. Il s’agit de la première baisse de prix depuis la légalisation du cannabis. Toutes catégories confondues, le prix moyen du cannabis vendu par la SQDC est présentement de 8,25 $ le gramme, taxes comprises.

Le prix moyen du cannabis illégal est tombé à 5,59 $ le gramme au troisième trimestre, soit une baisse de 5,9 % par rapport au deuxième trimestre.

Avec La Presse canadienne