Nouvelle aide pour l’usine de Fortress

«C’est une opération de sauvetage», a reconnu le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «C’est une opération de sauvetage», a reconnu le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Le gouvernement Legault lance une autre bouée de sauvetage à l’usine de cellulose appartenant à Fortress située à Thurso, en Outaouais, dans l’espoir de trouver un acquéreur et de sauver sa mise de plus de 100 millions dans ce projet de conversion.

Moins de 24 heures après l’annonce de la fermeture temporaire des installations, qui touche plus de 300 travailleurs, Québec a offert un prêt pouvant atteindre 8 millions à la société établie en Colombie-Britannique, environ un mois après lui avoir prêté 5 millions. « C’est une opération de sauvetage », a reconnu le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, mardi, au cours d’un entretien téléphonique.

Cet autre prêt devrait permettre d’assurer une conservation des actifs jusqu’à la fin du mois de février, a-t-il ajouté, précisant au passage que le gouvernement était impliqué depuis environ un mois et demi dans le processus visant à trouver un nouvel acquéreur.

Fortress avait justifié sa décision en invoquant la dispute commerciale sino-américaine. Cette situation avait entraîné une baisse de la demande chinoise pour les vêtements et les tissus, provoquant un recul de la demande pour la pâte dissolvante ainsi qu’une chute marquée des prix.

« Je pense qu’environ 45 % des employés de l’usine vivent à Thurso, a dit M. Fitzgibbon. Les eaux usées de la municipalité sont traitées par l’usine. L’objectif principal est de maintenir les emplois et, deuxièmement, de récupérer le plus possible [l’argent investi]. » Entre-temps, une vingtaine de salariés demeureront en poste dans le cadre de la fermeture temporaire, d’une durée de trois ou quatre mois.

L’État, par l’entremise d’Investissement Québec, avait prêté 106 millions à Fortress en 2010, quand l’entreprise avait acquis l’usine de Thurso, qui était fermée, pour convertir sa production de la pâte kraft vers la pâte dissolvante. La facture du projet était initialement estimée à 175 millions, mais en raison de dépassements de coûts, elle est passée à plus de 300 millions.