L’écart salarial hommes-femmes a diminué de 5,5 points de pourcentage en 20 ans

Loin d’une tendance vers la parité, le rétrécissement traduit davantage un changement dans la configuration du marché de l’emploi.
Photo: Getty Images Loin d’une tendance vers la parité, le rétrécissement traduit davantage un changement dans la configuration du marché de l’emploi.

L’écart salarial hommes-femmes est passé de 18,8 à 13,3 % entre 1998 et 2018. Mais loin d’une tendance vers la parité, ce rétrécissement traduit davantage un changement de la configuration du marché de l’emploi.

En 2018, les employées âgées de 25 à 64 ans gagnaient 4,13 $ de moins l’heure que leurs homologues masculins, contre un écart de 5,17 $ en 1998. Cet écart s’est donc rétréci de 1,04 $ en 20 ans, passant de 18,8 à 13,3 %. Néanmoins, dans ce groupe d’âge dit actif les femmes gagnaient 87 ¢ pour chaque dollar versé aux hommes. « Étant donné que les femmes au Canada ont dépassé les hommes au chapitre du niveau de scolarité, ont diversifié leurs domaines d’études postsecondaires et ont accru leur représentation dans des professions comportant un statut plus élevé, la persistance de l’inégalité salariale sur la base du sexe mérite que l’on continue de s’y intéresser », relèvent les auteurs d’une étude sur l’écart salarial entre les sexes publiée lundi par Statistique Canada.

L’étude s’intéresse au salaire horaire moyen, qui se situait en 2018 à 26,92 $ pour les femmes âgées de 25 à 54 ans, contre 31,05 $ pour les hommes du même groupe d’âge.

Le rétrécissement de l’écart salarial a été régulier sur la période de 20 ans, quoique des baisses plus prononcées aient été observées au début des années 2000 et lors de la récession de 2008-2009. « Ces deux baisses correspondent à des périodes de stagnation ou de recul du salaire des hommes, plutôt que de hausses dignes de mention du salaire des femmes », ajoute l’étude. Ainsi, au cours de la période, le salaire horaire moyen des femmes a augmenté de 20,5 % contre 12,9 % pour celui des hommes.

Le modèle de l’étude permet d’expliquer près de 60 % de la diminution de l’écart. Parmi ces variables, le changement dans la répartition entre les professions a joué un rôle clé. On pense aux professions en droit et services sociaux, en enseignement et en affaires et finance, qui commandent généralement une rémunération plus élevée. Ces trois groupes professionnels employaient une proportion plus forte de femmes du groupe d’âge actif en 2018 qu’en 1998.

La configuration du marché du travail par industries a toutefois produit des effets plus contrastés. Le secteur de la construction, à forte prédominance masculine et à rémunération élevée, a contribué à creuser l’écart. À l’opposé la baisse de l’emploi dans le secteur de la fabrication au cours de la période a alimenté le rétrécissement. S’y greffe le recul de la syndicalisation chez les hommes, la proportion d’hommes membres d’un syndicat ou assujettis à une convention collective diminuant de 8,8 points de pourcentage entre 1998 et 2018, à 29,5 %, alors qu’elle est demeurée stable chez les femmes, à un peu moins de 36 %.

Deuxième déterminant en importance expliquant la réduction de l’écart : le niveau de scolarité. L’étude fait ressortir que la proportion de femmes titulaires d’au moins un baccalauréat a augmenté dans une plus grande proportion que la proportion équivalente d’hommes, soit de 19,6 points de pourcentage contre 10,8 points.

Parmi les autres variables représentant une part plus faible du rétrécissement, l’étude retient une proportion plus faible de femmes travaillant à temps partiel ainsi que l’augmentation de la proportion de femmes dans le secteur public et dans les grandes entreprises.