L’UE enquête sur le rapprochement Embraer-Boeing

La Commission européenne dit qu’elle s’inquiète de la perspective selon laquelle «l’opération envisagée ne supprime le troisième plus grand concurrent mondial, Embraer, sur le marché déjà fortement concentré de l’aviation commerciale».
Photo: Roslan Rahman Agence France-Presse La Commission européenne dit qu’elle s’inquiète de la perspective selon laquelle «l’opération envisagée ne supprime le troisième plus grand concurrent mondial, Embraer, sur le marché déjà fortement concentré de l’aviation commerciale».

La Commission européenne a ouvert « une enquête approfondie » sur le projet de co-entreprises entre le brésilien Embraer et l’américain Boeing, selon un communiqué de l’institution publié vendredi soir.

Cette enquête doit permettre « d’apprécier le projet de création de deux entreprises communes par Boeing et Embraer au regard du règlement de l’UE sur les concentrations », précise la Commission.

Elle « craint que l’opération ne réduise la concurrence sur le marché des avions commerciaux ».

« Les marchés des avions commerciaux doivent bien fonctionner pour fournir aux clients des produits innovants et efficaces à un juste prix », a écrit la Commission européenne (CE) dans un communiqué.

« En conséquence, par notre enquête approfondie, nous voulons veiller à ce que les concentrations dans le secteur de l’aviation commerciale ne réduisent pas de manière significative l’exercice d’une concurrence effective sur les prix et le développement de produits », a déclaré la commissaire chargée de la concurrence Margrethe Vestager.

Dans son communiqué, la CE a dit qu’elle s’inquiète de la perspective selon laquelle « l’opération envisagée ne supprime le troisième plus grand concurrent mondial, Embraer, sur le marché déjà fortement concentré de l’aviation commerciale ».

Sanctions américaines

Cette annonce intervient dans un contexte de forte tension entre Américains et Européens. Washington a annoncé mercredi vouloir frapper 7,5 milliards $US de produits européens de tarifs douaniers punitifs, après avoir reçu le feu vert de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre de la bataille juridique de 15 ans entre Boeing et Airbus.

Bruxelles a promis de riposter aux sanctions américaines. Un porte-parole de la Commission européenne a affirmé jeudi en point de presse que « si les États-Unis imposent des sanctions, ils pousseront l’UE à faire de même ».

Selon la CE, « les nouveaux arrivants potentiels de Chine, du Japon et de Russie sont confrontés à de fortes barrières à l’entrée et à l’expansion et pourraient ne pas être en mesure de reproduire la pression concurrentielle actuellement exercée par Embraer dans les cinq, voire les dix prochaines années ». Par conséquent, a-t-elle poursuivi, « l’opération pourrait se traduire par une hausse des prix ».

Avec Le Devoir