Les transporteurs aériens sommés d’inspecter leur flotte de Boeing 737 NG

Un appareil Boeing 737 NG de la compagnie aérienne Royal Air Maroc
Photo: Pascal Pavani Agence France-Presse Un appareil Boeing 737 NG de la compagnie aérienne Royal Air Maroc

La nouvelle directive des autorités américaines sur les avions Boeing 737 NG, le prédécesseur du 737 MAX cloué au sol, a des répercussions pour certains des principaux transporteurs canadiens — qui ne devraient toutefois pas provoquer d’importantes turbulences.

En raison de la découverte de fissures sur un avion en Chine, l’agence fédérale de l’aviation (FAA) a ordonné des inspections pour des appareils ayant effectué 30 000 décollages et atterrissages sans pépins.

Transat A.T. a indiqué jeudi que sa filiale Air Transat comptait cinq Boeing 737 NG — l’appellation des versions 600, 700, 800 et 900 du Boeing 737 — dans sa flotte, en plus de louer un autre appareil pendant la saison estivale.

« À priori, on pourrait avoir un appareil qui serait concerné, peut-être deux, ce qui demanderait une inspection visuelle », a expliqué le porte-parole du voyagiste, Christophe Hennebelle, au cours d’un entretien téléphonique. Il a toutefois assuré que cela n’était pas « majeur ».

Le porte-parole a ajouté que Transat A.T. attendait les directives de navigabilité de la part de l’avionneur américain.

WestJet aura un peu plus de pain sur la planche, puisque le transporteur aérien établi à Calgary devra inspecter 43 appareils. Toutefois, aucune fissure n’a été observée sur les 737 NG de l’entreprise, selon sa porte-parole, Morgan Bell.

« Nous nous attendons à un effet minimal lié à la directive de la FAA, a-t-elle indiqué, dans un courriel. Chaque jour, WestJet exploite, de façon sécuritaire, plus de 700 vols, dont 400 avec des 737 NG. »

Chez Sunwing, le parc aérien compte plus de 40 appareils 737 NG, selon le site web de l’entreprise, qui a confirmé avoir été contactée par Boeing. « Nous inspecterons notre flotte au besoin, a indiqué Sunwing, par courriel. Nous ne nous attendons pas à ce que cet examen d’entretien perturbe notre horaire ou celui de nos passagers. »

Pour sa part, Air Canada n’exploite pas ce modèle construit par le géant américain. Fin juillet, les compagnies aériennes exploitaient quelque 6345 Boeing 737 NG à travers le monde.

Écrasements en Indonésie

L’ordonnance de la FAA survient au moment où Boeing est sous la loupe dans la foulée d’écrasements survenus en Indonésie en octobre 2018 ainsi qu’en Éthiopie en mars dernier. En tout, 346 personnes, dont 18 Canadiens, ont perdu la vie. Ces tragédies ont incité les autorités réglementaires du monde entier à clouer au sol les Boeing 737 Max 8 et Max 9 pour des raisons de sécurité.

Les États-Unis et le Canada ont décidé d’en interdire le vol au milieu du mois de mars, après que des dizaines de pays ont pris cette décision. À l’époque, Boeing avait affirmé qu’elle avait encore confiance à l’égard de la sécurité des 737 MAX.

L’interdiction de vol donne toujours du fil à retordre à plusieurs compagnies aériennes. Air Canada devra patienter au moins jusqu’au 8 janvier, soit quatre mois de plus que l’échéancier précédent, avant de pouvoir espérer voir ces appareils réintégrer progressivement son parc aérien.

WestJet a également retiré 13 Boeing 737 Max 8 de sa flotte.

Le Seattle Times a rapporté cette semaine que Boeing aurait réussi à convaincre la FAA en 2014 d’y aller doucement sur les normes entourant les messages d’alerte dans la cabine de pilotage du 737 MAX. Selon le quotidien, qui a mis la main sur des documents, la compagnie aurait invoqué une règle d’exception de l’agence pour soumettre l’idée que l’implantation d’un système entièrement conforme aux dernières exigences serait trop coûteuse et « incommode ».

Avec Le Devoir