Libre-échange: Donald Trump a permis au Canada et au Mexique de se redécouvrir

Le nouvel esprit de coopération entre le Canada et le Mexique dépasse les seuls enjeux commerciaux.
Photo: Judi Bottoni Associated Press Le nouvel esprit de coopération entre le Canada et le Mexique dépasse les seuls enjeux commerciaux.

La difficile renégociation de l’ALENA imposée par le président américain aura permis au Canada et au Mexique de mieux se connaître et de se rapprocher bien au-delà des seuls enjeux commerciaux, se réjouit l’ambassadeur du Mexique au Canada.

Les critiques de Donald Trump contre l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et sa tumultueuse renégociation qui a mené, il y a dix mois, à la conclusion d’un nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ont été, pour le Mexique et le Canada, un « puissant incitatif à travailler ensemble et à mieux se connaître, non seulement comme amis d’un ami commun, mais aussi comme partenaires », a déclaré mardi au Devoir Juan José Gómez Camacho en marge d’une allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). « Je sais que cela peut avoir l’air d’une affirmation convenue, mais ce n’est pas le cas. Notre relation est passée à un autre niveau bien supérieur à ce qu’elle était encore quelques mois auparavant. »

Le nouvel esprit de coopération entre les deux pays dépasse les seuls enjeux commerciaux ou d’investissement, a expliqué le diplomate, dont le principal message aux quelque 250 personnes venues l’entendre dans un hôtel du centre-ville était quand même que le Mexique et son nouveau président, Andrés Manuel López Obrador, sont ouverts aux milieux d’affaires étrangers. Le Canada et le Mexique ont entrepris aussi d’approfondir leurs relations sur les questions d’énergie, d’innovation, de tourisme, d’accueil d’étudiants étrangers ou encore d’immigration. « Il nous reste encore du travail à faire, mais l’énergie est fantastique », a-t-il expliqué.

En attendant l’ACEUM

Le fait que seul le Mexique a ratifié l’ACEUM pour le moment ne l’inquiète pas du tout. « Ce n’est qu’une question de temps », pense-t-il à propos de l’entrée en vigueur du traité, qu’il qualifie de « grand succès ». Contrairement à Mexico, Ottawa a décidé d’attendre que Washington appose sa signature finale le premier, mais l’appui des deux principales forces politiques fédérales (partis libéral et conservateur) lui semble acquis. Juan José Gómez Camacho pense également que le Mexique et le Canada sont désormais parvenus à calmer les craintes de certains élus du Congrès américain, notamment démocrates, quant au degré de protection offert par l’ACEUM en matière notamment de normes du travail suffisamment élevées.

Les milieux d’affaires des trois pays feront le reste du travail, dit-il. « Dans plusieurs États américains, le Canada et le Mexique sont non seulement les principaux, mais souvent les seuls partenaires commerciaux étrangers. »