Conflit Airbus-Boeing: l’Union européenne prête à défendre ses intérêts contre les Américains

Le conflit Airbus-Boeing est l’un des nombreux problèmes alimentant les tensions transatlantiques.
Photo: Christian Charisius Agence France-Presse Le conflit Airbus-Boeing est l’un des nombreux problèmes alimentant les tensions transatlantiques.

L’UE est prête à « défendre fermement ses intérêts » contre les États-Unis, si Washington lui impose de nouveaux droits de douane après en avoir reçu l’autorisation par l’OMC, dans le cadre du vieux conflit Airbus-Boeing, a affirmé mardi la présidence finlandaise de l’UE.

« Nous sommes déterminés à poursuivre un calendrier commercial positif avec les États-Unis, mais nous sommes prêts à défendre fermement nos intérêts, quand et si nécessaire, dans le cadre des règles de l’OMC », a déclaré Ville Skinnari, ministre du Commerce de la Finlande, à l’issue d’une réunion à Bruxelles avec ses collègues européens.

L’Organisation mondiale du commerce pourrait autoriser les États-Unis dès mercredi à mettre en place des droits de douane à hauteur de plusieurs milliards de dollars contre des produits européens.

Le gouvernement Trump a jusqu’à présent toujours boudé les offres de trêve avancées par Bruxelles pour résoudre un conflit vieux de 15 ans.

« Même si nous avons tous les deux commis des erreurs et que nous pouvons, à proprement parler, nous imposer des droits de douane l’un à l’autre, ce n’est pas une bonne solution », a insisté la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

« Nous n’avons toujours pas abandonné l’espoir de trouver une solution négociée avec les États-Unis », a-t-elle ajouté.

Le secrétaire d’État français aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a quant à lui insisté sur le fait que l’Europe devrait avoir une réponse « proportionnée mais ferme » si « les États-Unis persistaient dans leur volonté de mettre des tarifs », mais vanté « une solution à l’amiable ».

« Pendant que nous nous disputons, les Chinois développent leur propre industrie aéronautique », a-t-il souligné.

Un conflit vieux de 15 ans

La bataille juridique entre Airbus et Boeing devant l’OMC a débuté en 2004 lorsque Washington a déclaré mort un accord américano-européen de 1992 régissant les subventions dans le secteur aéronautique.

Les États-Unis ont accusé le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Espagne d’accorder des subventions illégales pour soutenir Airbus.

L’UE a ensuite affirmé que Boeing avait reçu 19,1 milliards $US de subventions interdites entre 1989 et 2006 de la part de diverses branches du gouvernement américain.

Les deux affaires se sont emmêlées dans un bourbier juridique, chaque partie ayant partiellement obtenu gain de cause après une longue série d’appels et de contre-appels.

En vertu des règles de l’OMC, l’UE et les États-Unis ont chacun le droit de sanctionner l’autre.

L’UE ne devrait avoir la possibilité d’imposer des droits similaires aux États-Unis qu’en début d’année 2020.

Washington a exigé le droit de percevoir des droits de douane d’une valeur de 11,2 milliards de dollars, tandis que Bruxelles réclame 12 milliards de dollars.

Le conflit Airbus-Boeing est l’un des nombreux problèmes alimentant les tensions transatlantiques, qui ont rapidement dégénéré depuis que le président américain, Donald Trump, a pris ses fonctions en 2017.