Technologie: report d’entrée en Bourse et licenciements chez WeWork

Un bureau de WeWork à New York
Photo: Drew Angerer Getty Images Agence France-Presse Un bureau de WeWork à New York

WeWork, le géant des bureaux partagés qui a multiplié les déconvenues ces dernières semaines, dont la démission de son patron cofondateur, a ajourné son arrivée à Wall Street et devrait lancer une cure d’austérité passant par des milliers de suppressions d’emplois.

« Nous avons décidé de reporter notre introduction en Bourse afin de nous concentrer sur notre coeur de métier, dont les fondamentaux restent solides », ont annoncé les nouveaux codirecteurs de l’entreprise, Artie Minson et Sebastian Gunningham, dans un communiqué.

S’ils se disent « plus que jamais résolus à servir » leurs clients, les propriétaires à qui ils louent des bureaux, leurs employés et leurs actionnaires », ils envisageront de nouveau la possibilité de recourir aux marchés financiers « à l’avenir », un terme plutôt vague.

En attendant, assurent les dirigeants, ils ont « bien l’intention de faire fonctionner WeWork comme si c’était une société cotée ». Même s’ils ne précisent pas si cela implique une transparence totale sur les finances de l’entreprise, ces propos sont sans doute destinés à calmer les partenaires de la société, ébranlés par le tumulte entourant actuellement l’entreprise et la situation apparemment inquiétante de sa trésorerie.

Réputé pour dépenser beaucoup d’argent afin d’alimenter sa rapide expansion, le groupe a encore accusé en 2018 une perte de 2 milliards $US pour un chiffre d’affaires de 1,82 milliard $US.

Dressant un réquisitoire sévère contre la We Company, la maison mère de WeWork, l’agence de notation SP Global Ratings a estimé la semaine dernière que la situation en matière de liquidités était « moins que suffisante ».

Selon les analystes du cabinet Alliance Berstein, la société, qui avait dans ses coffres 2,5 milliards $US fin juin, devrait être à court de liquidités dès le deuxième trimestre 2020 si rien n’était fait.

L’arrivée à Wall Street aurait pu lui permettre de lever au moins 3 milliards $US et de bénéficier en plus d’une ligne de crédit de 6 milliards $US auprès de grandes banques. En renonçant à s’introduire en Bourse, la We Company ne peut plus compter sur cet argent et doit réduire les dépenses. Selon une source proche du dossier, le groupe prévoit de supprimer « des milliers » d’emplois dans les prochaines semaines.

Créée en 2010 à New York, la société s’est rapidement étendue à plus de 500 sites dispersés dans 29 pays et, avec ses 12 500 salariés, sert désormais plus de 527 000 membres.