Volkswagen: premier mégaprocès de clients en Allemagne

Le groupe automobile est accusé d’avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu’il ne l’est en réalité.
Photo: David Zalubowski Associated Press Le groupe automobile est accusé d’avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu’il ne l’est en réalité.

Le géant de l’automobile Volkswagen a vu s’ouvrir lundi le premier grand procès de consommateurs en Allemagne dans le cadre du « dieselgate », soit le plus important volet judiciaire jusqu’à présent de ce scandale à tiroirs qui hante l’industrie automobile depuis quatre ans.

Plus de 450 000 personnes se sont inscrites pour cette requête groupée — une procédure inédite en Allemagne créée en réaction au scandale du diesel.

Les juges du tribunal régional de Brunswick, délocalisé pour l’occasion au centre des congrès, ont commencé à examiner la soixantaine de questions soumises par l’association de consommateurs VZBV, qui fait office de requérant unique. Une deuxième audience est prévue le 18 novembre.

Le groupe automobile est accusé d’avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu’il ne l’est en réalité. « J’aimerais que Volkswagen rembourse le prix d’achat », explique à l’AFP Andreas Sarcletti, client venu de Hanovre.

Déterminer le préjudice

La question principale sera de déterminer si Volkswagen a « causé un préjudice » aux acheteurs de voitures VW, Audi, Seat et Skoda concernées — et comment le montant du dommage devrait être calculé. « Plusieurs tribunaux régionaux ont tranché contre Volkswagen » en accordant un dédommagement, a rappelé le président du tribunal, Michael Neef, faisant référence aux quelque 60 000 requêtes individuelles qui occupent depuis plusieurs années la justice allemande.

Cela ne signifie pas automatiquement que le tribunal de Brunswick s’alignera, mais plutôt que le préjudice sera « une des questions centrales et difficiles », a-t-il ajouté. Volkswagen estime qu’il « n’y a pas de dommages et donc pas de fondement à cette requête ». « Encore aujourd’hui, des centaines de milliers de véhicules sont utilisés » sur les routes, insiste Martina de Lind van Wijngaarden, conseil de l’entreprise.

Même s’il s’avérait défavorable à Volkswagen, le jugement n’entraînera pas directement un remboursement. Chaque consommateur enregistré devra ensuite faire valoir ses droits individuellement.