Le Fonds FTQ a réduit l’intensité carbone de son portefeuille d’entreprises cotées en Bourse

Le Fonds FTQ compte 694 000 actionnaires et plus de 3000 entreprises partenaires.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le Fonds FTQ compte 694 000 actionnaires et plus de 3000 entreprises partenaires.

Le Fonds FTQ a réduit de 14 % l’intensité carbone de son portefeuille d’actions dans les entreprises cotées en Bourse, à peine un an après avoir établi une première cible de 25 % qu’il souhaitait alors atteindre d’ici 2025.

Le fonds d’investissement, qui tient samedi l’assemblée annuelle de ses actionnaires, a réussi à faire plus de la moitié du chemin de son objectif en intégrant la somme de 1,4 milliard à un indice mondial créé l’an dernier dans le but de favoriser la réduction de l’empreinte carbone.

« Ce qui a catalysé la première, c’est le fait de s’être affilié aux gens de MSCI », dit en entrevue au Devoir le président du Fonds FTQ, Gaétan Morin. « C’est notre initiative. On a demandé à ces fabricants d’indices, entre guillemets, d’offrir un indice faible en carbone aux investisseurs institutionnels, et ça nous a permis de faire un bon pas cette année. »

 
25 %
C’est la cible souhaitée par le Fonds FTQ de réduction d’intensité carbone de son portefeuille d’actions d’ici 2025.

L’indice en question conçu par MSCI, ex-filiale de la firme d’investissement Morgan Stanley, cible depuis décembre 2018 des titres mondiaux sobres en carbone et conformes à des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Sur sa fiche d’information, MSCI indique qu’il couvre des titres provenant de 23 pays différents. Il comprend par exemple Microsoft, Visa, Procter Gamble, Home Depot, Nestlé et Apple.

« Il a fallu vendre des actions d’entreprises qui avaient une intensité carbone élevée », ajoute M. Morin. Parmi ces titres figurent, par exemple, des producteurs d’électricité et des sociétés de l’industrie de l’acier. Dans d’autres sociétés au bilan plus reluisant, entre autres dans le secteur des télécommunications ou de la réassurance, le Fonds a renforcé sa participation.

Au moment d’annoncer l’intégration de l’indice à la gestion de son portefeuille, le Fonds FTQ avait indiqué qu’il jouerait un « rôle important » dans la diminution de l’empreinte carbone de l’organisation.

Concrètement, le virage du Fonds signifie que l’intensité carbone des placements sur les marchés publics est maintenant de 61 tonnes de CO2 équivalent pour chaque million de dollars investi, contre 71 tonnes l’an dernier.

En ce qui concerne l’intensité carbone de ses placements dans les entreprises privées, le Fonds l’a mesurée à 45 tonnes de CO2 équivalent pour chaque million de dollars investi. La consommation d’hydroélectricité joue un rôle de taille.

Un rôle d’accompagnement

L’objectif est de jouer un rôle d’accompagnement avec ces entreprises partenaires, notamment en leur offrant gratuitement un service d’audit pour identifier des manières d’améliorer l’efficacité énergétique. Une dizaine d’entreprises devraient participer au cours de l’année 2019-2020, contre trois l’an dernier. « On va déployer ça lentement », dit M. Morin, qui veut aussi investir davantage dans les « technologies de production propres ».

« L’objectif ultime, c’est d’avoir des actifs carboneutres », affirme M. Morin sans pouvoir fixer une année cible pour l’instant. « Je vous mets ça sous forme de question : avons-nous le choix ? Qu’est-ce qu’on répond à nos jeunes qui [étaient] dans la rue [vendredi] ? Qu’est-ce que je vais répondre à mes petits-enfants si on ne va pas dans cette direction-là comme société ? »

Le Fonds FTQ compte 694 000 actionnaires et plus de 3000 entreprises partenaires. Un rendement de 7,8 % au cours de l’exercice terminé le 31 mai a porté son actif net à 15,6 milliards.

Par ailleurs, les placements du Fonds FTQ dans les obligations vertes ont augmenté considérablement entre 2018 et 2019, passant de 153 à 342 millions.

Les derniers mois au Fonds ont par ailleurs été marqués par le vote favorable à la transaction faisant passer Transat dans le giron d’Air Canada. Sa direction avait toutefois indiqué publiquement que les intentions d’Air Canada de maintenir le siège et la marque de Transat devaient se traduire en gestes concrets.

« On a espoir qu’Air Canada » va tenir compte des enjeux soulevés par le Fonds au sujet des emplois chez Transat, des vols au Québec et de « l’importance du français dans leurs services », a dit M. Morin.