Airbus possiblement victime de cyberespionnage chinois

Les cyberpirates s’intéressaient particulièrement aux moteurs et aux systèmes électroniques d’aide au pilotage.
Photo: Remy Gabalda Agence France-Presse Les cyberpirates s’intéressaient particulièrement aux moteurs et aux systèmes électroniques d’aide au pilotage.

Airbus a été ces derniers mois la cible de plusieurs attaques informatiques lancées en passant par des sous-traitants du constructeur, a appris l’AFP en enquêtant auprès de plusieurs sources sécuritaires, qui soupçonnent ces opérations d’espionnage industriel d’être pilotées depuis la Chine.

L’AFP a pu dessiner les contours et les objectifs d’une récente série d’offensives, en interrogeant plus d’une demi-douzaine de sources proches du dossier s’exprimant sous couvert d’anonymat.

De sources concordantes, ces cyberattaques ont tour à tour visé le groupe-conseil français en technologie Expleo (ex Assystem), le motoriste britannique Rolls-Royce, et deux sous-traitants français d’Airbus que l’AFP n’a pas identifiés.

Les attaques contre l’avionneur européen sont monnaie courante, et leurs motivations et modes opératoires sont très variés.

Mais au cours des douze derniers mois, « quatre attaques majeures » ont visé le géant européen de l’aéronautique en passant par les systèmes informatiques de ses sous-traitants. Selon des sources, les cyberpirates s’intéressaient particulièrement aux moteurs et aux systèmes électroniques d’aide au pilotage (avionique) de ses gros transporteurs civils et militaires.

Les sources consultées par l’AFP restent prudentes et refusent d’attribuer formellement cette série d’attaques, tout en s’accordant à dire que les soupçons pèsent sur des hackers chinois.

La Chine cherche à mettre au point depuis plusieurs années son premier moyen-courrier, le C919, mais peine à le faire certifier. Par ailleurs, motorisation et avionique sont des « domaines dans lesquels la recherche et développement chinoise est faible », souligne une source proche du dossier.

Face aux attaques, Airbus est tiraillé entre la volonté de se préserver et la prudence de mise pour ne pas se froisser avec les autorités chinoises et se priver d’un marché gigantesque où elle a installé une chaîne d’assemblage. D’après une source consultée par l’AFP, certains messages ont été délivrés à Pékin par des voies détournées pour signifier le mécontentement en France.