L’ONU prône un «New Deal» vert mondial

Une augmentation annuelle des investissements verts de l’ordre de 2% de la production mondiale pourrait entraîner la création nette d’au moins 170 millions d’emplois et permettrait de favoriser une industrialisation respectueuse de l’environnement, notamment en investissant dans les énergies propres.
Photo: STR / AFP Une augmentation annuelle des investissements verts de l’ordre de 2% de la production mondiale pourrait entraîner la création nette d’au moins 170 millions d’emplois et permettrait de favoriser une industrialisation respectueuse de l’environnement, notamment en investissant dans les énergies propres.

Le monde doit repenser complètement son modèle de croissance économique pour mieux répondre aux problèmes environnementaux et de développement, a indiqué mercredi la CNUCED, un organisme onusien, dans un rapport prônant un « New Deal vert mondial ». La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement fait ainsi référence au « New Deal » du président américain Franklin Roosevelt, qui avait permis de sortir l’économie américaine de la Grande Dépression dans les années 1930.

« Vu la configuration actuelle des politiques, des règles, de la dynamique des marchés et du pouvoir des grandes entreprises, les inégalités économiques risquent de se creuser et la dégradation de l’environnement, de s’accentuer », a relevé Richard Kozul-Wright, directeur de la division de la CNUCED chargée d’élaborer le rapport. Les auteurs du rapport prônent une nouvelle donne écologique mondiale « pour rompre avec les années d’austérité et d’insécurité qui ont suivi la crise financière de 2008, contribuer à une répartition plus équitable des revenus et inverser le processus de dégradation de l’environnement enclenché depuis des décennies ».

Le rapport contient une feuille de route qui, pour les pays développés, peut se traduire par des taux de croissance du PIB supérieurs de 1 % à 1,5 % à ceux qui découlent de la structure actuelle de la demande mondiale. Les pays en développement devraient enregistrer des gains plus importants — de 1,5 % à 2 % par an —, sauf la Chine, pour laquelle ces gains seront plus modérés.

1%
C’est le gain sur les taux de croissance actuels du PIB qu’induirait une économie mondiale verte.

Selon la CNUCED, une augmentation annuelle des investissements verts de l’ordre de 2 % de la production mondiale — environ 1700 milliards $US, c’est-à-dire un tiers seulement de ce que les États dépensent actuellement pour subventionner les combustibles fossiles — pourrait entraîner la création nette d’au moins 170 millions d’emplois à l’échelle mondiale. Cela permettrait aussi de favoriser une industrialisation respectueuse de l’environnement dans les pays du Sud et de contribuer à une réduction globale des émissions de carbone d’ici 2030, selon les économistes de la CNUCED.

Ils expliquent aussi que la décarbonisation de l’économie mondiale nécessitera une augmentation significative de l’investissement public, en particulier dans les systèmes propres de transport, d’alimentation et d’énergie. Le rapport affirme toutefois que le recours accru à l’investissement pour éliminer la pauvreté et atteindre les objectifs de l’ONU (pour 2030) en matière de nutrition, de santé et d’éducation fera peser un fardeau financier insoutenable sur de nombreux pays en développement.

Les économistes proposent aussi de réformer en profondeur le système commercial, financier et monétaire international pour réaliser ces objectifs de l’ONU.

Ils recommandent notamment la création d’un fonds mondial pour le développement durable alimenté par les pays donateurs qui s’acquitteraient de leurs engagements non tenus au titre de l’objectif de 0,7 % du revenu national brut consacré à l’aide publique au développement.