La croissance s’est encore accélérée au Québec

La croissance découle notamment de la bonne santé de l’industrie de la construction.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir La croissance découle notamment de la bonne santé de l’industrie de la construction.

La croissance économique s’est accélérée au deuxième trimestre au Québec grâce à la force de son marché intérieur.

La production québécoise s’est accrue de 0,7 % en terme réel lors du deuxième trimestre qui s’est achevé le 30 juin, a rapporté mardi l’Institut de la statistique du Québec. Cela correspond à une accélération de la croissance économique d’un rythme annualisé de 2,2 % lors des trois premiers mois de l’année (au lieu de 2,4 % comme on l’avait d’abord annoncé) à 2,9 % au deuxième trimestre.

C’était moins que le rythme affiché dans l’ensemble du Canada pour la même période (3,7 %), mais, dans ce dernier cas, on sortait de deux trimestres dont le rythme avait été inférieur à 1 %. Au terme des six premiers mois de l’année, le produit intérieur brut (PIB) réel québécois était ainsi de 2,7 % plus élevé qu’au même moment l’an dernier, contre une croissance cumulative de seulement 1,4 % dans l’ensemble canadien.

Ce 14e trimestre de croissance consécutif s’avère « la plus longue séquence du genre depuis le deuxième trimestre de 2003 », a observé l’économiste de la Banque Nationale Marc Pinsonneault, et « est marqué par le plus fort bond en six trimestres de la demande intérieure finale, alors que cette dernière diminuait dans le reste du Canada ».

Cette croissance découle notamment d’un regain de l’investissement des entreprises, de la bonne santé de l’industrie de la construction, de même que de l’activité du secteur de la fabrication. Les dépenses de consommation des ménages ont augmenté moins vite, mais ces derniers en ont profité pour porter leur taux d’épargne à un sommet (6,6 %) depuis 1996, ce qui sera un avantage en cas de revers de la conjoncture, a-t-il noté.

« L’économie du Québec se porte bien, mais le contexte s’assombrit pour les entreprises », prévient toutefois sa consoeur du Mouvement Desjardins Hélène Bégin. « Le climat d’incertitude qui s’amplifie avec la guerre commerciale et le ralentissement de l’économie mondiale » promettent ainsi, selon elle, un ralentissement du rythme de croissance « autour de 1,5 % en seconde moitié de 2019 et en 2020 ».