La performance d’Investissement Québec doit inclure la productivité des entreprises

Le nouveau p.-d.g. d'Investissement Québec, Guy LeBlanc
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le nouveau p.-d.g. d'Investissement Québec, Guy LeBlanc

L’évaluation des résultats d’Investissement Québec devrait s’arrimer à des indicateurs portant sur la productivité des sociétés québécoises, a suggéré la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) mardi, au début de la commission chargée d’étudier le projet de loi 27 sur la réforme du bras financier du gouvernement.

Les changements au fonctionnement d’Investissement Québec, que la Commission de l’économie et du travail compte analyser pendant quatre jours, font partie des engagements pris l’an dernier par la Coalition avenir Québec, qui veut lui donner plus de moyens pour attirer des capitaux étrangers, renforcer l’économie du Québec et stimuler les exportations.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, souhaite qu’Investissement Québec soit plus dynamique dans ses démarches. Au printemps dernier, il a toutefois reconnu lors de l’étude de crédits à l’Assemblée nationale que cela pourrait se solder par des rendements plus volatils.

La manière globale de mesurer la performance d’IQ doit être revue, a affirmé mardi la CCMM. « La question de l’évaluation des résultats d’IQ à travers le temps a souvent porté sur les investissements attirés, les investissements réalisés, les emplois créés. Nous pensons qu’on doit changer la façon dont on évalue la performance d’Investissement Québec », a dit son président, Michel Leblanc.

« La volonté de doubler les investissements en soi est importante, a ajouté M. Leblanc. Mais c’est l’indicateur de la productivité qui, dans bien des cas, devrait nous parler au premier titre. Si notre défi est d’améliorer la productivité, on devrait faire en sorte qu’IQ, dans ses rapports annuels et ses rapports au Parlement, puisse démontrer clairement l’impact qu’il a sur l’amélioration de la production des entreprises du Québec. »

Investissement Québec a vu le jour en 1998 sous la gouverne du Parti québécois. L’organisation, qui a avalé au fil du temps un certain nombre d’organismes gouvernementaux, dont la Société générale de financement, offre des prêts, mais peut aussi prendre des participations au capital-actions des entreprises.

Rendement

Au cours de son exercice 2018-2019, Investissement Québec a généré un rendement net de 300 millions, selon ce que l’organisme a indiqué cet été dans son rapport annuel. Son rendement ajusté s’est établi à 8,6 %, une augmentation importante par rapport à un rendement de 5,3 % un an plus tôt. « Le Québec et Investissement Québec se portent bien. C’est sur cette toile de fond que j’entre en fonction. Mon rôle ne marquera pas une rupture, mais une évolution », avait alors écrit son nouveau p.-d.g., Guy LeBlanc.

« Nos PME accusent toujours un retard important en matière de productivité », a dit le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, dans ses remarques préliminaires en commission parlementaire. « On doit dès maintenant opérer un important virage et faire preuve d’audace. La réforme d’Investissement Québec est une des priorités de notre gouvernement. »

C’est l’indicateur de la productivité qui, dans bien des cas, devrait nous parler au premier titre

Elle-même ex-ministre de l’Économie, la députée libérale Dominique Anglade a dit espérer que les changements s’accompagneront d’une certaine transparence. « Ce que l’on souhaite voir dans les transformations qui vont être opérées, c’est quel type de transparence on va avoir sur les effectifs, quel type de transparence on va avoir sur les résultats cherchés et obtenus, sur la rémunération des dirigeants, et de la transparence sur les prises de décision », a-t-elle dit en conférence de presse avant le début de la commission.

« Ces prises de décision vont-elles être faites par le Conseil des ministres ? Le ministre lui-même ? On a besoin de cette information, car ce que l’on a constaté, c’est qu’en matière de transparence, il y a encore beaucoup de travail à faire du côté du ministre Fitzgibbon », a dit Mme Anglade.

La commission entendra notamment mercredi le Conseil du patronat du Québec, les Manufacturiers et exportateurs du Québec et Montréal International.