Des banques promettent des efforts pour «verdir» la finance

Les établissements bancaires doivent mettre les bouchées doubles pour mieux aligner leurs stratégies sur les objectifs de développement durable des Nations unies et de l’Accord de Paris sur le climat.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Les établissements bancaires doivent mettre les bouchées doubles pour mieux aligner leurs stratégies sur les objectifs de développement durable des Nations unies et de l’Accord de Paris sur le climat.

Plus d’une centaine de banques internationales se sont engagées lundi depuis New York à redoubler d’efforts pour accélérer le « verdissement » de la finance et faire oeuvre de davantage de transparence quant aux conséquences de leur activité sur la société.

Au total, quelque 130 établissements bancaires de 46 pays — dont le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale — ont signé une charte de principes pour « une banque responsable » à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies à New York. Ces établissements représentent collectivement 47000 milliards de dollars américains d’actifs et ainsi plus du tiers de l’industrie bancaire mondiale.

« En adhérant à ces principes, les banques affirment croire que seule une société inclusive fondée sur la dignité humaine, l’égalité et l’utilisation raisonnée des ressources naturelles peut permettre aux clients particuliers et aux entreprises de prospérer », précise la déclaration publiée sur le site de l’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP FI).

Réunis sous six grandes catégories, ces principes portent notamment sur la mise en oeuvre de politiques plus favorables à l’environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique, le développement d’une culture de « banque responsable » au sein des entreprises et l’élaboration d’indicateurs précis pour évaluer l’influence des activités bancaires sur le reste de la société.

Les établissements bancaires doivent notamment mettre les bouchées doubles pour mieux aligner leurs stratégies sur les objectifs de développement durable des Nations unies et de l’Accord de Paris sur le climat, signé en 2015 et dont le but est de contenir le réchauffement à +1,5 °C d’ici la fin du siècle.

Les signataires promettent aussi « de faire une évaluation périodique de la mise en oeuvre individuelle et collective de ces principes et d’être transparents quant à [leurs] impacts positifs et négatifs ainsi qu’à [leur] contribution aux objectifs de la société », détaille la déclaration de l’UNEP FI. « On a de grandes déclarations de principes, mais sans actions de court terme sur leur activité. […] Rien n’est dit concrètement sur le financement des énergies fossiles, ce qui est assez inquiétant », a nuancé auprès de l’AFP Lucie Pinson, porte-parole de l’association Les amis de la Terre.

« On attend des actes immédiats par les signataires, car on sait déjà qu’on n’atteindra pas la neutralité carbone d’ici 2050 et on ne respectera pas les accords de Paris avec le maintien d’investissements dans des compagnies qui construisent toujours de nouveaux projets de charbon, de pétrole ou de gaz », déplore cette porte-parole.


Avec Le Devoir