Il faudra étendre la tarification du carbone, insiste l’OCDE

L’OCDE affirme que «trop de consommateurs d’énergie ne paient pas les taxes sur les énergies et le carbone nécessaires» pour lutter contre les changements climatiques, «ni même l’équivalent d’une valeur de référence basse de 30 euros [44 $CAN] la tonne de CO₂ ».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’OCDE affirme que «trop de consommateurs d’énergie ne paient pas les taxes sur les énergies et le carbone nécessaires» pour lutter contre les changements climatiques, «ni même l’équivalent d’une valeur de référence basse de 30 euros [44 $CAN] la tonne de CO₂ ».

Environ 70 % des émissions de CO₂ associées à l’énergie ne sont pas soumises à la fiscalité, a estimé vendredi l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un nouveau rapport qui insiste sur le besoin de fixer un prix du carbone adéquat.

À l’approche de la Semaine du climat, qui se déroule à New York à partir du 24 septembre, l’OCDE affirme que « trop de consommateurs d’énergie ne paient pas les taxes sur les énergies et le carbone nécessaires » pour lutter contre les changements climatiques, « ni même l’équivalent d’une valeur de référence basse de 30 euros [44 $CAN] la tonne de CO₂ ».

D’ailleurs, insiste l’organisme international, cette référence « ne rend probablement pas compte » des effets collatéraux des changements climatiques et ne permet pas non plus d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Sa dernière analyse porte sur 44 pays.

 
30 %
C’est la proportion des émissions de CO₂ associées à l’énergie qui sont soumises à la fiscalité, selon l’OCDE.

L’OCDE vient ainsi peaufiner son analyse de l’évolution des prix du carbone, un an après avoir estimé qu’il faudra attendre la fin du siècle pour que les prix atteignent un niveau susceptible de traduire le coût réel des émissions de gaz à effet de serre sur l’environnement.

La Banque mondiale en a ajouté une couche cet été en signalant que, malgré une augmentation du nombre de systèmes de tarification du carbone dans le monde depuis l’an dernier, les prochains mois seront « cruciaux » pour l’implantation de ces mécanismes, vus par certains comme la façon la plus efficace de synchroniser les efforts internationaux.

À l’heure actuelle, selon la Banque mondiale, 57 systèmes sont en place ou à l’étude, ce qui couvre environ 20 % des émissions de la planète.

L’OCDE a mentionné que 85 % des émissions de CO₂ qui sont associés à l’énergie ne sont pas d’origine routière. « Seulement 18 % des émissions non routières sont fiscalisées », a écrit l’organisme. De plus, seuls 3 % des cas montrent un prix qui atteint la valeur de référence basse de 30 euros la tonne. Quatre pays seulement (la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark) ont une tarification de plus de 30 euros sur les émissions hors transport routier.

Lors de la dernière vente aux enchères dans le cadre du système de plafonnement et d’échange de droits d’émission dont le Québec s’est doté en 2013, les unités se sont vendues entre 22 et 23 $ la tonne. Ce système couvre 85 % des émissions au Québec.