BP prévoit de céder des projets pétroliers pour respecter l’accord sur le climat

La plateforme du Eastern Trough Area Project, de BP, dans la mer du Nord
Photo: Andy Buchanan Pool Agence France-Presse La plateforme du Eastern Trough Area Project, de BP, dans la mer du Nord

Le patron du géant britannique des hydrocarbures BP s’est dit prêt à se désengager de certains projets pétroliers afin de respecter l’Accord de Paris sur le climat, rapportait Bloomberg jeudi.

« Nous sommes certains d’avoir emprunté un chemin, peut-être pas linéaire, afin de respecter les objectifs de Paris », a déclaré Bod Dudley lors d’une conférence téléphonique organisée mercredi par la banque américaine JP Morgan, selon des propos rapportés par l’agence financière. « Il va y avoir des projets que nous ne ferons pas, des choses que nous aurions pu faire dans le passé. Certaines catégories de pétrole, par exemple, qui ont une empreinte carbone différente », a ajouté le dirigeant.

Ce dernier n’a pas précisé quels actifs pourraient être concernés, notamment parce que ses projets impliquent de nombreux partenaires, qu’il s’agisse de gouvernements ou d’entreprises.

Les propos du patron de BP, confirmés au sein du groupe, n’ont pas convaincu l’ONG Greenpeace. « Il est difficile de les prendre au sérieux pendant qu’ils continuent de rechercher du pétrole et du gaz. Affronter l’urgence climatique nécessite un modèle radicalement différent » et « un basculement à 100 % vers l’énergie renouvelable », selon Paul Morozzo, un des responsables de l’ONG au Royaume-Uni.

Ces déclarations de Bod Dudley surviennent en outre alors que la dernière assemblée générale du groupe, en mai, a été agitée sous la pression de certains actionnaires s’interrogeant sur la volonté de BP de combattre les changements climatiques.

Le groupe investit par ailleurs dans l’énergie électrique, comme son concurrent anglo-néerlandais Royal Dutch Shell qui mène également une offensive « verte ». BP a notamment acquis l’année dernière au Royaume-Uni la société Chargemaster, qui dispose du plus important réseau de bornes de recharge à usage public pour les voitures électriques dans le pays.

Malgré tout, BP continue de miser massivement sur les énergies fossiles. Le géant des hydrocarbures a négocié auprès du groupe minier anglo-australien BHP le rachat de ses actifs dans le pétrole et le gaz de schiste pour 10,5 milliards de dollars. Cette transaction importante, qui va voir BP acquérir ces activités au Texas et en Louisiane (États-Unis), sera financée notamment par un programme de cession d’actifs jugés non stratégiques pour plus de 10 milliards de dollars d’ici à la fin de 2020.

Hausse de la demande mondiale

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a calculé que la demande mondiale totale de brut augmentera d’environ 1,02 % en 2019 par rapport à l’année dernière et de 1,08 % en 2020 par rapport à cette année.

Au Canada — un exportateur de pétrole hors OPEP —, le rapport indique que la demande devrait légèrement augmenter en 2020 par rapport à 2019. La demande pour le pétrole brut aux États-Unis, un important consommateur de pétrole canadien, devrait encore augmenter de 1,0 % en 2019. La croissance projetée de la demande américaine en 2020 est de 0,70 %.

Selon le rapport de l’OPEP, la demande dans les économies avancées d’Europe devrait diminuer de 0,15 % en 2019 par rapport à l’année dernière et de 0,21 % en 2020. Celle de la région de l’Asie et du Pacifique devrait chuter de 1,02 % et de 0,99 % en 2019 et en 2020, respectivement. Mais en Chine, pays non-membre de l’OCDE, la demande de pétrole devrait augmenter cette année de 2,73 % par rapport à 2018 et de 2,37 % l’an prochain.

Avec La Presse canadienne