Bois d’oeuvre: les États-Unis forcés de revoir leurs tarifs

Il n’existe aucune preuve que l’industrie canadienne du bois d’œuvre nuit aux producteurs américains, affirme le comité.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Il n’existe aucune preuve que l’industrie canadienne du bois d’œuvre nuit aux producteurs américains, affirme le comité.

Un comité binational du Secrétariat de l’ALENA donne trois mois aux États-Unis pour reconsidérer les tarifs imposés sur les importations de bois d’oeuvre canadien.

Les cinq membres du comité, qui comprend des représentants canadiens et américains, ont conclu qu’il n’existe aucune preuve que l’industrie canadienne du bois d’oeuvre nuit aux producteurs américains.

Le plus récent accord commercial sur le bois d’oeuvre entre les deux pays a pris fin en plein coeur de la dernière campagne électorale fédérale, en 2015. Environ 18 mois plus tard, les États-Unis ont imposé de nouveaux tarifs sur de nombreux produits en provenance de sa frontière nord, prétendant que le Canada subventionnait de manière inéquitable ses producteurs de bois de construction en exigeant un prix présumé inférieur à la juste valeur sur les coupes d’arbres provenant des terres de la Couronne. Le Canada a déposé des plaintes en vertu des dispositions de l’ALENA relatives au règlement des différends commerciaux et auprès de l’Organisation mondiale du commerce.

On s’est réjoui à Québec. « Cette décision est une excellente nouvelle pour le secteur forestier québécois et ses travailleurs, lesquels ont une importance fondamentale pour notre économie », a souligné Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation. « Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement fédéral et les autres provinces canadiennes afin de nous assurer que les autorités américaines se conforment à la décision du Groupe spécial. Nous appelons en effet les États-Unis à profiter de cette décision afin de mettre un terme à ce litige et d’enlever les droits compensateurs et antidumping qui nuisent à nos relations commerciales depuis 2017. »

L’industrie canadienne du bois d’oeuvre traverse une période difficile marquée par la fermeture de nombreuses usines entraînant d’importantes pertes d’emplois en raison des tarifs américains et de la chute des prix attribuable à une baisse de la demande du marché international, à laquelle s’ajoute une perte de ressources causée par des incendies de forêt et des infestations de parasites.

En novembre 2016, la U.S. Lumber Coalition avait déposé une plainte auprès du département du Commerce (DOC) des États-Unis. Elle estimait avoir été victime d’une concurrence déloyale de la part de l’industrie canadienne et avait réclamé l’imposition de droits compensateurs et antidumping sur les produits de bois d’oeuvre résineux importés du Canada. En 2017, le DOC a ordonné l’imposition de droits compensateurs et antidumping pouvant atteindre un taux moyen de 20,23 % sur le bois d’oeuvre canadien.

Avec Le Devoir