L’horizon économique s’obscurcit, estime la TD

La Banque du Canada réduira son taux directeur de 1,75% à 1,25% avant janvier 2020, prédit la TD.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La Banque du Canada réduira son taux directeur de 1,75% à 1,25% avant janvier 2020, prédit la TD.

L’horizon économique s’obscurcit sous l’effet notamment de l’escalade des tensions commerciales mondiales. On n’en est pas encore au point de parler de récession, estime la Banque TD, à moins, justement, qu’on en parle tellement qu’elle finisse par se produire.

« Tous les voyants sont au jaune », ont rapporté mardi les économistes de la Banque TD Beata Caranci et James Orlando dans une courte analyse de la plus récente lecture de l’indicateur économique avancé de leur institution. Les derniers mois ont été le théâtre d’un renversement complet dans plusieurs des huit facteurs économiques pris en compte par cet indicateur. La croissance marque particulièrement le pas dans de grandes économies européennes, comme l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, et l’escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ne fait rien pour arranger les choses. En fait, elle « ne pouvait pas arriver à un pire moment », alors que les nouvelles hausses de tarifs sur les importations chinoises décrétées par le président Donald Trump sont précisément destinées à frapper les appareils électroniques, vêtements, équipements sportifs et autres biens achetés par le dernier véritable moteur de la croissance aux États-Unis, les consommateurs américains. La menace de Donald Trump d’ouvrir, dès cet automne, un nouveau front dans sa guerre commerciale, cette fois contre l’industrie automobile européenne, pourrait être le dernier clou dans le cercueil.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant qu’on entende de plus en plus souvent évoquer le spectre de la récession dans les marchés et dans les médias, d’autant plus que cette peur est renforcée par certains indicateurs financiers, comme la fameuse courbe de rendement, admettent Beata Caranci et James Orlando. Mais les modèles de prévision économique ont du mal à évaluer l’impact des chocs politiques. Pour le moment, les indicateurs économiques laissent plutôt entrevoir une poursuite du ralentissement de la croissance quelque part entre 1 % et 2 % aux États-Unis l’an prochain, à moins que la menace de récession ne prenne tellement de place dans les coeurs et les esprits qu’elle en vienne à paralyser les entreprises et les consommateurs et ne « s’autoréalise ».

Baisses de taux à venir

Face à cette réalité, les banques centrales n’ont d’autre choix que d’oublier leurs projets de remontée des taux d’intérêt à des niveaux plus normaux et de se remettre, au contraire, à l’assouplissement de leurs politiques monétaires. La Réserve fédérale américaine a déjà procédé, le mois dernier, à une première réduction de son taux directeur en 11 ans d’un quart de point de pourcentage pour le ramener entre 2 % et 2,25 %, et devrait, selon la Banque TD, récidiver deux autres fois avant la fin de l’année.

La Banque du Canada fera de même, prédit la TD, en réduisant son taux directeur de 1,75 % à 1,25 % avant janvier 2020. Prudente, elle n’annoncera toutefois probablement pas sa première baisse lors de sa réunion de mardi, mais préférera attendre au mois prochain pour disposer du maximum d’informations possible.