Airbus se retire de l’appel d’offres du fédéral pour des avions de chasse

Les «exigences de sécurité du NORAD» imposent un «coût trop important aux plateformes dont les chaînes de production et d’entretien sont situées à l’extérieur» du Canada et des États-Unis, a indiqué Airbus Defence and Space.
Photo: Fred Scheiber Associated Press via La Presse canadienne Les «exigences de sécurité du NORAD» imposent un «coût trop important aux plateformes dont les chaînes de production et d’entretien sont situées à l’extérieur» du Canada et des États-Unis, a indiqué Airbus Defence and Space.

Le géant de l’aéronautique Airbus a annoncé vendredi se retirer de l’appel d’offres lancé par le gouvernement fédéral pour remplacer sa flotte d’avions de chasse en raison notamment des exigences de sécurité du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) jugées trop coûteuses par l’européen.

L’entreprise a annoncé, conjointement avec le ministère britannique de la Défense, que le chasseur Typhoon présenté par le consortium européen Eurofighter pour remplacer la flotte canadienne de 88 CF18 ne ferait plus partie des candidats.

Les « exigences de sécurité du NORAD » imposent un « coût trop important aux plateformes dont les chaînes de production et d’entretien sont situées à l’extérieur » du Canada et des États-Unis, a indiqué Airbus Defence and Space dans un communiqué.

De plus, « les importantes révisions récemment apportées aux exigences de retombées industrielles et technologiques (RIT) ne valoris[ent] pas suffisamment les engagements fermes compris dans l’offre de Typhoon Canada, alors qu’il s’agissait d’un point majeur », poursuit le communiqué.

Ce désistement laisse le champ libre aux trois autres candidats en lice, soit le suédois Saab avec son appareil Gripen et les Américains Lockheed Martin (chasseur F-35) et Boeing (F-18 Super Hornet).

Ces groupes d’armement ont jusqu’au printemps 2020 pour présenter leurs propositions initiales au Canada et une décision sera rendue début 2022, avait annoncé fin juillet le gouvernement canadien, qui attend son premier appareil dès 2025.

Ce contrat est estimé à au moins 15 milliards de dollars (10,3 milliards d’euros).

Le gouvernement de Justin Trudeau, à son arrivée au pouvoir fin 2015, avait annulé l’achat de F-35 de Lockheed Martin devant remplacer sa flotte vétuste de CF18, et avait plutôt décidé de remettre à plat ce dossier.

Le groupe français Dassault avait retiré son Rafale de la course en novembre 2018 car, selon différentes sources, le Canada avait des exigences techniques liées à son appartenance au groupe des « Five Eyes » impossibles à satisfaire.

Les « Five Eyes » sont une alliance des services de renseignement des États-Unis, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.

La mission principale de ces nouveaux avions est de patrouiller dans le ciel nord-américain de concert avec l’US Air Force dans le cadre du NORAD qui lie Washington et Ottawa.

Face au retard pris, le gouvernement de Justin Trudeau avait annoncé en décembre 2017 l’achat de 18 chasseurs F18 d’occasion à l’Australie pour prolonger la durée de vie de sa propre flotte de ces appareils.