Le commerce international a poursuivi son repli

L’OCDE signale que les exportations des pays du G20 se sont contractées de 1,9 %, et les importations de 0,9 %.
Photo: Kazuhiro Nogi Agence France-Presse L’OCDE signale que les exportations des pays du G20 se sont contractées de 1,9 %, et les importations de 0,9 %.

Le commerce international de marchandises entre les pays du G20 a continué de se replier au deuxième trimestre 2019, sur fond de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, selon un baromètre publié jeudi par l’OCDE.

L’OCDE signale que les exportations des pays du G20 se sont contractées de 1,9 %, et les importations de 0,9 %.

En Chine, après un recul de 5,3 % au deuxième trimestre, les exportations sont désormais à leur plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 2017. Aux États-Unis, elles sont à leur plus bas niveau depuis le premier trimestre 2018, après un recul trimestriel de 1,1 %, selon l’OCDE. Les importations ont en revanche légèrement progressé dans les deux pays (+0,6 % en Chine et +0,3 % aux États-Unis) durant le trimestre « en raison d’une reprise du commerce bilatéral » à cette époque-là, qui pourrait être due « au stockage anticipé [avant] des mesures tarifaires appliquées par les États-Unis le 10 mai ».

Les exportations des États-Unis vers la Chine et leurs importations en provenance de Chine ont pour leur part augmenté de respectivement 2,7 % et 0,2 % au deuxième trimestre, mais restent nettement inférieures aux sommets atteints au troisième trimestre 2018 (+17,4 % pour les exportations et +10,7 % pour les importations).

Dans l’Union européenne, les exportations ont diminué de 1,7 %, et les importations de 2,3 %. Seules quelques économies du G20 ont vu leurs exportations de marchandises augmenter au deuxième trimestre 2019 : l’Australie (6,3 %), le Canada (6,4 %), le Mexique (2,4 %), et le Japon (0,2 %).

Croissance sauvée

Sur la scène économique américaine, l’appétit et le moral du consommateur américain ont sauvé la croissance économique des États-Unis au deuxième trimestre, qui reste décente même si elle a faibli par rapport au début de l’année et que les marchés prédisent le pire. L’expansion de la première économie mondiale a été révisée en légère baisse pour s’établir à 2 % d’avril à juin, au lieu de 2,1 %, selon une deuxième estimation du département du Commerce publiée jeudi. Cela confirme le net ralentissement de la croissance par rapport au rythme du premier trimestre (3,1 %), qui reste toutefois relativement soutenu, largement tiré par la vitalité du consommateur américain.

« L’économie se porte BIEN », a tweeté Donald Trump, ajoutant un coup de griffe à la Banque centrale, qu’il accuse de ralentir la machine. « Si la Fed faisait ce qu’il faut, nous serions une fusée », a-t-il ajouté.

La progression des dépenses de consommation, en effet, locomotive traditionnelle de l’économie américaine, a été révisée en hausse à 4,7 %, son meilleur score en presque cinq ans. Cela a permis de compenser les mauvaises nouvelles du côté des investissements des entreprises (-0,6 %) et surtout du commerce, qui souffre visiblement de la confrontation avec la Chine. Les exportations américaines ont chuté plus fortement que précédemment estimé, coûtant 0,7 point de croissance au PIB. Autre point sombre, le marché immobilier s’est affaissé (-2,9 %).

Tout en répétant à l’envi que l’économie est « en pleine forme », en coulisses, le président Donald Trump s’est récemment montré inquiet de cette croissance plus faible alors qu’il entre en campagne pour sa réélection en 2020 et qu’il avait promis de forts rythmes d’expansion de 3 %, voire 4 %. Les inquiétudes du gouvernement sur le rythme d’expansion sont aussi nourries par celles des marchés qui donnent des signes d’une récession à venir. Plusieurs fois ces deux dernières semaines, la courbe des taux d’intérêt sur les obligations d’État s’est inversée, faisant tomber les taux à dix ans illogiquement sous ceux des bons à deux ans. Ce phénomène rare est interprété comme le signe avant-coureur d’une récession dans les 12 à 18 mois, les investisseurs pensant que la Fed devrait baisser les taux d’intérêt.

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