Opiacés: la famille Sackler prête à quitter Purdue Pharma

Les Sackler ont bâti leur fortune sur l’OxyContin, un puissant antidouleur accusé d’être au cœur de la crise des opiacés, qui ont causé 47 000 morts par overdose aux États-Unis en 2017.
Photo: Charles Krupa Associated Press Les Sackler ont bâti leur fortune sur l’OxyContin, un puissant antidouleur accusé d’être au cœur de la crise des opiacés, qui ont causé 47 000 morts par overdose aux États-Unis en 2017.

La richissime famille Sackler semble prête à se retirer de son groupe Purdue Pharma dans le cadre d’un accord destiné à lui éviter un procès pour son rôle dans la crise des opiacés aux États-Unis.

Les Sackler, dont la fortune est estimée à plus de 13 milliards, pourraient également débourser 3 milliards de leur poche, sur les 10 à 12 que le groupe prévoit de verser pour mettre fin à plus de 2000 plaintes déposées contre lui, selon le New York Times et d’autres journaux américains. Purdue a reconnu négocier « activement » un accord à l’amiable, sans confirmer les détails.

Très influents au sein du gotha new-yorkais, les Sackler ont bâti leur fortune sur l’OxyContin, un puissant antidouleur accusé d’être au coeur de la crise des opiacés, qui ont causé 47 000 morts par overdose aux États-Unis en 2017. Leur laboratoire est accusé d’avoir poussé le corps médical à surprescrire ce médicament alors qu’il connaissait ses effets addictifs. L’OxyContin a participé à la dépendance croissante des Américains aux opiacés et poussé les consommateurs vers des drogues plus fortes, comme le fentanyl et l’héroïne.

Comme d’autres groupes pharmaceutiques, Purdue Pharma est appelé à comparaître en justice fin octobre dans l’Ohio, où ont été regroupées plus de 2300 plaintes émanant notamment de collectivités locales et d’États qui paient le prix fort de cette crise.

Selon les informations des médias, les membres de la famille Sackler, qui avaient quitté en mars le conseil d’administration de l’entreprise, ont accepté de se retirer totalement. Purdue Pharma serait placée sous la loi régissant les faillites et ses profits futurs serviraient à indemniser les plaignants. Le groupe aurait aussi accepté de donner des médicaments de lutte contre la dépendance aux patients en ayant besoin.

Le géant pharmaceutique Johnson & Johnson, qui avait lui décidé d’aller au procès dans ce dossier, a été condamné lundi à payer 572 millions à l’Oklahoma.