Mitsubishi Aircraft cherche un appui financier de Québec

L’entreprise souhaite des rencontres avec le cabinet du ministre de l’Économie et Investissement Québec.
Photo: Koji Sasahara Associated Press L’entreprise souhaite des rencontres avec le cabinet du ministre de l’Économie et Investissement Québec.

L’entreprise japonaise Mitsubishi Aircraft, dont la société mère est en train d’acquérir le programme CRJ auprès de Bombardier, s’est récemment inscrite au Registre des lobbyistes du Québec afin de solliciter un appui financier auprès des autorités gouvernementales.

L’inscription, qui ne mentionne ni le programme CRJ ni Mirabel, souligne que le but est de cogner à la porte du gouvernement pour pouvoir « bénéficier d’une subvention, d’un prêt ou d’une autre forme de soutien financier à l’entreprise, liés au programme d’aéronautique et/ou de recherche et développement sur l’aéronautique ».

« Le nom du programme et le montant du financement sont inconnus. Les fonds obtenus seront utilisés pour l’achat d’équipement, l’embauche de personnel et la location d’immeuble », indique l’entrée au Registre faite le 24 août. L’entreprise souhaite des rencontres avec le cabinet du ministre de l’Économie et Investissement Québec.

Selon un porte-parole de l’entreprise, l’inscription n’a aucun lien avec l’acquisition du programme CRJ, qui devrait être finalisée dans la première moitié de 2020 et qui est plutôt pilotée par la société mère, Mitsubishi Heavy Industries. Puisque le Québec possède un savoir-faire aérospatial de renom, il est « naturel » pour la filiale d’avoir des discussions avec les responsables locaux, a-t-il précisé.

Développement de Mitsubishi

L’inscription survient au moment où Mitsubishi travaille fort pour lancer en 2020 son propre avion régional, le SpaceJet, sur lequel elle travaille depuis les années 2000. En juin, Mitsubishi et Bombardier ont annoncé que la compagnie japonaise paierait 550 millions $US pour le programme CRJ, une transaction portant sur les « activités de maintenance, de soutien, de remise à niveau, de marketing et de vente relatives aux avions CRJ Series, y compris les activités du réseau de service et de soutien situées à Montréal, à Toronto » et aux États-Unis. L’achat couvre aussi les « certificats de type ».

Le programme CRJ, qui cessera officiellement ses activités en 2020, quand les derniers appareils commandés auront été livrés aux clients, a fait la gloire de la société dans les années 1990 avec des avions de 70 à 90 places. Bombardier en a produit environ 2000 sur un quart de siècle, mais a commencé à chercher un acheteur à la fin de 2018.

À l’heure actuelle, le programme compte 1600 employés, dont 700 sont à Mirabel. De ce nombre, 300 seront transférés à Mitsubishi. L’industrie, qui compte quelque 60 000 employés au Québec, croit que la rareté de main-d’oeuvre fait en sorte que les autres arriveront à se replacer rapidement.

Le syndicat des Machinistes a dit publiquement en juin qu’il souhaitait rencontrer Mitsubishi pour évaluer ses intentions de s’impliquer dans l’écosystème aérospatial québécois. Ce tête-à-tête n’a pas encore eu lieu, selon ce qu’a indiqué mercredi son coordonnateur québécois, David Chartrand.