L’équité salariale atteinte chez les diplômés de doctorat

Le professeur David Walters affirme que c’est la première fois qu’il ne constate «aucune différence de revenus» entre les hommes et les femmes au Canada.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Le professeur David Walters affirme que c’est la première fois qu’il ne constate «aucune différence de revenus» entre les hommes et les femmes au Canada.

L’écart salarial s’est refermé entre les hommes et les femmes titulaires d’un doctorat, selon une nouvelle étude de l’Université de Guelph.

L’étude, qui s’intéresse à l’équité entre les genres sur le marché du travail, a révélé que les hommes et les femmes titulaires d’un doctorat gagnaient environ 70 000 $ par an pendant les trois premières années suivant l’obtention de leur diplôme. Le professeur David Walters affirme que c’est la première fois qu’il ne constate « aucune différence de revenus » entre les hommes et les femmes au Canada. Les auteurs de l’étude attribuent la parité des revenus aux solides conventions collectives et aux politiques du travail proactives dans les secteurs qui intéressent les doctorants, comme les universités et le gouvernement.

Publiée lundi dans la revue Higher Education Policy, l’étude analysait les données de l’Enquête nationale auprès des diplômés de 2013 de Statistique Canada, qui portait sur les diplômés des métiers, des collèges et des universités trois ans après l’obtention de leur diplôme — avant que des facteurs tels que le congé de maternité ne commencent à influer sur les résultats.

Cependant, l’étude montre également que plus le niveau d’instruction est faible, plus l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes est grand et qu’en moyenne, seuls les titulaires d’un doctorat ont atteint l’équité. L’écart est le plus grand parmi les employés des métiers, où les femmes gagnent en moyenne 32 500 $ et les hommes, 40 500 $ — soit 25 % de plus. L’auteur principal, Anthony Jehn, explique que les hommes ont tendance à se lancer dans des métiers mieux rémunérés, tels que la tuyauterie ou la plomberie, tandis que les femmes se tournent davantage vers la coiffure ou la cosmétologie.

Plus du tiers des diplômés de sexe masculin avaient étudié dans les domaines les plus lucratifs que sont les mathématiques, l’ingénierie ou l’informatique, contre 5 % pour les femmes, ce qui explique la disparité des revenus entre les détenteurs d’un baccalauréat et d’une maîtrise.

M. Jehn souligne qu’une « culture de l’inégalité entre les genres » dans certains domaines à prédominance masculine décourage les femmes d’y entrer. Ses conclusions montrent qu’il existe une plus grande équité salariale pour ceux qui peuvent se permettre d’investir dans l’éducation, un problème qui, selon lui, aggrave les divisions des classes selon le genre.