Trump essaie de calmer le jeu dans sa guerre commerciale contre la Chine

Le président américain Donald Trump
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Le président américain Donald Trump

Donald Trump a cherché lundi à éteindre le feu qu’il avait lui-même allumé quelques jours plus tôt dans sa guerre commerciale contre la Chine.

Dans un autre revirement complet de discours, le président américain s’est montré optimiste quant aux chances de succès des négociations en cours entre Washington et Pékin. S’adressant aux médias à la fin du sommet du G7 à Biarritz, en France, et juste avant l’ouverture des marchés boursiers américains qui avaient bouclé la semaine précédente en état de choc, il a déclaré que les négociations entre les deux pays « n’ont jamais été aussi significatives ».

Le président Trump a dit répondre ainsi aux demandes de reprise du dialogue formulées durant la nuit par de hauts responsables chinois lors d’appels téléphoniques. « Les Chinois veulent un accord, a-t-il déclaré. Je pense qu’on va en trouver un. » De toute façon, « je ne pense pas qu’ils aient le choix », a-t-il expliqué, estimant les coûts économiques du conflit commercial bien plus lourds pour la Chine que pour les États-Unis.

Le président américain avait même un bon mot pour son homologue chinois, qualifiant le président Xi Jinping d’homme « brillant » et de « grand leader », alors qu’il le traitait vendredi « d’ennemi » des États-Unis, aux côtés du président de sa propre banque centrale, Jerome Powell, avec lequel il a aussi maille à partir.

Quels appels ?

Habituellement transparent à propos de ses communications officielles avec Washington, le ministère chinois des Affaires extérieures a dit lundi ne pas savoir de quels appels téléphoniques le président américain parlait. Le vice-premier ministre chinois et principal négociateur pour son pays, Liu He, en a toutefois profité pour réitérer que son gouvernement était prêt à « résoudre calmement le problème par des consultations et la coopération ». « Nous sommes résolument opposés à l’escalade de la guerre commerciale », a-t-il répété.

Aucune date n’a été fixée pour la reprise du dialogue. Lors de leurs dernières négociations, en juillet à Shanghai, les deux camps avaient convenu de se retrouver à Washington en septembre.

Les Chinois veulent un accord. Je pense qu’on va en trouver un. De toute façon, je ne pense pas qu’ils aient le choix.

Donald Trump n’a pas voulu dire non plus s’il maintenait ses hausses de tarifs commerciaux annoncés la semaine dernière. « Je pense que tout est possible », a-t-il prévenu.

Cette soudaine accalmie après la tempête des derniers jours n’a rassuré qu’à moitié les marchés boursiers, qui avaient reculé de 3 % vendredi à Wall Street et qui n’ont repris que le tiers du terrain perdu lundi. « Qu’il y ait eu ou non des coups de fil avec la Chine n’a pas d’importance », a commenté à Reuter Art Hogan, responsable de la stratégie chez National Securities. Ce qui compte, c’est que [Donald Trump] tente de maintenir la réunion de septembre et de revenir à une phase de négociations. »

Attention, fragile

« Les marchés resteront agités, car l’angoisse et le soulagement liés à l’impact de la guerre commerciale sur l’économie mondiale semblent se succéder rapidement », ont commenté les analystes de Zurich Insurance Company Investment Management.

Si l’annonce, vendredi, par Pékin, de l’imposition de nouveaux tarifs sur 75 milliards d’importations américaines en représailles à d’autres sanctions américaines annoncées plus tôt cet été était prévisible, il en était tout autrement de la réponse immédiate de Donald Trump par une autre vague de tarifs commerciaux accompagnés de son « ordre » aux compagnies américaines de quitter le territoire chinois.

Si le président américain a semblé admettre, un instant, dimanche, remettre en cause sa conduite de cette guerre commerciale à la lumière de la menace qu’elle fait peser sur l’économie mondiale, c’était pour que ses proches précisent tout de suite après qu’il regrettait de ne pas avoir été plus dur dès le départ.

Pressé, durant tout le week-end, par les autres chefs du G7, de modérer ses transports pour ne pas tout casser, Donald Trump est resté impénitent. « Désolé, mais c’est comme ça que je négocie », a-t-il répondu lundi parlant de son passé d’homme d’affaires. « Cela a donné de très bons résultats au fil des années, et cela fonctionne très bien pour le pays. »