Inflation: une accélération sous la stabilité

L’indice des prix à la consommation affichait une hausse de 2% d’une année à l’autre en juillet, une progression identique à celle mesurée en juin.
Photo: Juan Monino Getty Images L’indice des prix à la consommation affichait une hausse de 2% d’une année à l’autre en juillet, une progression identique à celle mesurée en juin.

Derrière la stabilité des prix observée au Canada se profilerait une accélération de l’inflation.

Statistique Canada a publié mercredi les données témoignant d’une inflation stable, collée sur les cibles retenues par la Banque du Canada. L’indice des prix à la consommation affichait une hausse de 2 % d’une année à l’autre en juillet, une progression identique à celle mesurée en juin. Elle a été de 2,2 % au Québec en juillet.

L’analyste Matthieu Arseneau, de la Banque Nationale, voit dans ces statistiques une accélération des forces inflationnistes au Canada, avec des données supérieures aux prévisions pour un troisième mois consécutif. Autour de la cible de 2 % privilégiée par la Banque du Canada, se profile également une augmentation en rythme annuel de 2,4 % lorsque l’élément volatil du prix de l’essence est retiré du calcul. « Il faut noter que l’élan récent est même plus fort », écrit Matthieu Arseneau. « Dans un contexte tendu de main-d’oeuvre et avec la faiblesse du dollar canadien, nous ne pouvons pas exclure une augmentation future de l’inflation », souligne l’économiste.

Un marché du travail fonctionnant en définitive au plein-emploi produit déjà ses effets sur les salaires. Début août, l’agence fédérale de statistique soulignait que le Canada avait subi, en juillet, une perte nette de 24 000 emplois ce qui n’empêchait pas l’économie d’inscrire un gain total de 353 000 emplois comparativement à juillet 2018, en hausse de 1,9 % sur un an. Ce qui n’empêchait également pas le rythme des augmentations salariales de s’accélérer, à 4,5 % sur 12 mois en juillet contre 3,8 % en juin et 2,8 % en mai.

Le Québec a mieux fait, en inscrivant une création nette de 16 600 emplois en juillet, portant le total en 12 mois à 96 000, une progression de 2,3 % sur un an. Le taux de chômage demeurait inchangé à 4,9 %, à son niveau le plus faible depuis 1976. Les gains salariaux se voulaient plus marqués encore. De 4,2 % en mai, l’augmentation du salaire horaire moyen en 12 mois passait à 5,5 % le mois suivant et à 6,2 % en juillet.