Bell supprimera 200 000 foyers d’un plan d’expansion d’Internet en région

Bell a annoncé une restriction de 20% du déploiement de son service Internet à large bande pour les petites villes et les collectivités rurales.
Photo: Djordje Rusic Getty Images Bell a annoncé une restriction de 20% du déploiement de son service Internet à large bande pour les petites villes et les collectivités rurales.

L’entreprise de télécommunications Bell a annoncé qu’elle supprimerait environ 200 000 foyers d’un programme d’expansion d’Internet en milieu rural.

Cette décision survient après que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a révisé à la baisse les tarifs de gros pour les concurrents qui accèdent aux réseaux d’accès haute vitesse actuels des grandes sociétés de câblodistribution et de téléphonie. Cette décision du CRTC a aussi fait réagir les entreprises Cogeco et Rogers, qui ont déclaré évaluer leurs options pour l’avenir.

Répercussions financières

Bell a indiqué lundi qu’elle estime à 100 millions les répercussions financières de l’ordonnance du CRTC sur l’entreprise établie à Montréal. Une partie importante de cette somme servira à couvrir l’impact rétroactif des tarifs plus bas selon Bell. «Imposer cette forme de taxe inattendue et rétroactive aux investissements de capitaux n’assurera pas le développement continu de l’infrastructure Internet au Canada», a déclaré Mirko Bibic, chef de l’exploitation de Bell. L’entreprise a annoncé une restriction de 20 % du déploiement de son service Internet à large bande pour les petites villes et les collectivités rurales, ce qui équivaut à environ 200 000 résidences.

Le CRTC exige que les grandes entreprises de câblodistribution et de téléphonie mettent à disposition des parties de leur réseau, à des tarifs fixés par l’organisme de réglementation, afin d’améliorer la concurrence et de faire baisser les prix. Après des années de révision, le CRTC a fixé, la semaine dernière, les tarifs définitifs de ce que les petits fournisseurs devraient payer, soit jusqu’à 77 % de moins que les tarifs provisoires fixés en 2016.

La décision de Bell de réduire les dépenses est un geste politique qui a pour but de faire peur, a déclaré John Lawford, directeur et avocat général du Centre pour la défense de l’intérêt public. John Lawford a accusé Bell de vouloir prendre en otages les citoyens qui vivent en zone rurale. Il est d’avis que Bell pourrait continuer à faire des bénéfices en vendant l’accès aux infrastructures à de petits fournisseurs tout en continuant l’expansion du réseau Internet à haute vitesse dans des zones rurales moins rentables.

De son côté, Cogeco a déclaré examiner les détails de la décision du CRTC et évaluer ses options. «En raison de la décision du CRTC, Cogeco inc. et Cogeco Communications s’attendent à enregistrer un manque à gagner d’environ 25 millions pour le trimestre en cours à cause de l’impact rétroactif des tarifs plus bas, dont 15 millions pour les exercices financiers 2016, 2017 et 2018 et 10 millions pour l’exercice financier 2019», peut-on lire dans un communiqué publié par l’entreprise.

Quant à Rogers Communications, l’entreprise estime qu’elle devra enregistrer une perte de 140 millions au cours du présent trimestre à cause de l’impact rétroactif des tarifs plus bas.