La Bourse de Toronto reprend du poil de la bête

La séance de jeudi à la Bourse de New York a été marquée par de multiples changements de tendance, les principaux indices alternant entre le vert et le rouge.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse La séance de jeudi à la Bourse de New York a été marquée par de multiples changements de tendance, les principaux indices alternant entre le vert et le rouge.

Le principal indice de la Bourse de Toronto a rebondi, jeudi, au lendemain de sa pire séance de l’année, mais a tout de même clôturé en baisse après avoir atteint son plus bas niveau en cinq mois, à une période où les craintes d’un ralentissement économique mondial persistent.

Les marchés ont finalement accepté qu’il y ait un ralentissement, a estimé Kash Pashootan, chef de la direction et chef des investissements de First Avenue Investment Counsel. « Il n’y a pas tellement de différence aujourd’hui en ce qui a trait à l’incertitude par rapport à il y a deux ou trois mois, lorsque les marchés étaient en plein essor, a-t-il estimé, au cours d’une entrevue. Mais […] les marchés ont maintenant décidé de s’attarder davantage sur le négatif et l’optimisme s’est vraiment estompé. »

M. Pashootan a déclaré ne pas comprendre l’euphorie qui avait propulsé les marchés vers des niveaux records le mois dernier, alors que les incertitudes géopolitiques et le ralentissement de la croissance mondiale suggéraient le contraire. À son avis, les marchés ont été intoxiqués par les baisses des taux d’intérêt des banques centrales, mais l’attention est maintenant tournée vers les fondamentaux et des facteurs géopolitiques tels que la longue guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les manifestations à Hong Kong, le ralentissement économique en Allemagne et des perspectives plus faibles que prévu en Inde, en Argentine ainsi qu’à Singapour.

L’indice composé S & P / TSX a abandonné 33,41 points pour clôturer à 16 012,53 points.

À New York

À New York, Wall Street a clôturé en ordre dispersé jeudi, réagissant nerveusement à des informations contradictoires sur la guerre commerciale sino-américaine et à des indicateurs mitigés sur la santé de l’économie des États-Unis. Son indice vedette, le Dow Jones, a gagné 0,4 %, à 25 579,39 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,1 %, à 7766,62 points. L’indice élargi S & P 500 a pris 0,3 %, à 2847,60 points.

La Bourse de New York, affectée par des signes précurseurs de récession, avait connu une dégringolade mercredi. Le Dow Jones avait notamment connu sa plus lourde chute de l’année. La séance de jeudi a été marquée par de multiples changements de tendance, les principaux indices alternant entre le vert et le rouge.

Un court vent de panique a même saisi les investisseurs en début d’après-midi quand le taux d’intérêt sur le bon du Trésor américain à 30 ans, qui n’était jamais descendu en dessous de 2 %, est tombé à 1,91 %. « C’est un marché schizophrénique, influencé par les rendements obligataires et les grands titres de l’actualité. Cela fait évoluer le marché dans des sens contraires », a estimé Lindsey Bell, de CFRA.

Jeudi, les acteurs du marché peinaient à interpréter les derniers développements de la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine.

Pékin a certes menacé Washington de « mesures de représailles » si les États-Unis mettaient à exécution des droits de douane punitifs supplémentaires sur des produits made in China. Mais un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a également appelé à trouver un compromis.

« Nous espérons que les États-Unis pourront travailler de concert avec la Chine pour mettre en oeuvre le consensus qui avait été atteint (lors du sommet du G20) à Osaka », a déclaré Hua Chunying devant des journalistes.

Les investisseurs ont également eu du mal à interpréter des données sur l’économie des États-Unis publiées jeudi. Les ventes au détail ont fait un bond en juillet, dépassant les attentes des analystes, et la productivité a enregistré une progression plus soutenue que prévu au 2e trimestre. En revanche, la production industrielle a reculé de 0,2 % en juillet par rapport à juin, décevant les attentes des analystes, selon les chiffres de la Réserve fédérale.

« Les statistiques continuent de montrer que le consommateur se porte plutôt bien, ce qui suggère que, même avec une courbe des rendements inversée comme on l’a vu hier, la récession n’arrive pas si vite que ça », a commenté Paul Nolte, gérant de Kingsview Asset Management.

« C’est le mois d’août. Le marché est particulièrement volatil en raison du faible volume », a par ailleurs fait remarquer Mme Bell. « Il en faut peu pour qu’il bascule », a-t-elle ajouté.