Les ailes coupées de Boeing font mal au voyagiste TUI

Au cumul, pour l’ensemble des neuf premiers mois, le plus gros voyagiste intégré au monde a affiché une perte de 240 millions.
Photo: Getty Images Au cumul, pour l’ensemble des neuf premiers mois, le plus gros voyagiste intégré au monde a affiché une perte de 240 millions.

La facture associée au clouage au sol des Boeing 737 MAX a provoqué une forte érosion des profits de TUI.

Le géant du tourisme avait lancé l’avertissement en mars, dans ses prévisions révisées pour l’exercice 2018-2019. Clouer au sol les 15 Boeing 737 MAX présents dans sa flotte ne sera pas sans coût. TUI a comptabilisé une perte afférente de 144 millions d’euros au troisième trimestre clos le 30 juin. La facture associée à cette immobilisation et au remplacement des appareils devrait atteindre les 300 millions d’euros pour l’ensemble de l’exercice. Huit 737 MAX supplémentaires devaient s’ajouter à son parc d’aéronefs cet été.

TUI a publié mardi ses résultats du trimestre clos le 30 juin 2019. Le bénéfice s’établit à 47,3 millions d’euros (environ 70 millions de dollars canadiens), en baisse de 55 % par rapport à celui de 105 millions inscrit un an plus tôt. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires du voyagiste allemand a chuté plus fortement, de 85 % à 21,7 millions. Les revenus ont tout de même progressé de 3,7 %, à un peu plus de 4,7 milliards, alimentés par une forte contribution de ses secteurs hôtellerie, croisière et services aux voyageurs à destination.

Recul chez Sunwing

Actionnaire à 49 % du Groupe de voyages Sunwing, TUI a indiqué que sa quote-part des bénéfices venant des activités canadiennes a reculé de 8 millions d’euros au troisième trimestre, un repli reflétant la présence de quatre 737 MAX dans la flotte de Sunwing.

 
55%
C’est la baisse de profits enregistrée chez TUI au deuxième trimestre par rapport à l’année dernière.

La chaîne hôtelière Blue Diamond, propriété de Sunwing, a également vu son bénéfice trimestriel baisser de 4 millions, en raison de taux d’intérêt et de dépenses d’amortissement plus élevés et d’un taux d’occupation en légère baisse associés à l’ajout et à l’ouverture de nouvelles propriétés, précise TUI. La capacité hôtelière de Blue Diamond a crû de 22 % entre les troisièmes trimestres de 2018 et 2019, de 17 % entre les neuf premiers mois.

Au cumul, pour l’ensemble des neuf premiers mois, le plus gros voyagiste intégré au monde a affiché une perte de 240 millions, soit plus du double des 105 millions inscrits après neuf mois l’an dernier, malgré une augmentation de 2,5 % de ses revenus, à 11,4 milliards. Outre l’effet Boeing, TUI a évoqué les incertitudes liées au Brexit et une réduction de la demande sur certains marchés qui ne serait pas étrangère à la forte canicule ayant frappé l’Europe.

Le voyagiste a maintenu ses prévisions révisées pour l’ensemble de l’exercice se terminant le 30 septembre, soit un recul de 26 % de son bénéfice d’exploitation par rapport à 1,2 milliard comptabilisé au terme de l’exercice précédent.