Le géant pétrolier Aramco mise toujours sur une entrée en Bourse

Aramco s’est dit «prêt à une introduction en Bourse», sans toutefois dévoiler le calendrier.
Photo: Marwan Naamani Agence France-Presse Aramco s’est dit «prêt à une introduction en Bourse», sans toutefois dévoiler le calendrier.

Le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco a annoncé lundi un bénéfice en baisse de 12 % au premier semestre, lors d’un exercice de communication rarissime pour cette entreprise d’État extrêmement secrète qui vise une introduction en Bourse.

Pour les six premiers mois de l’année, le groupe public a enregistré « un bénéfice net de 46,9 milliards de dollars, comparé aux 53 milliards pour la même période l’an dernier », a précisé Saudi Aramco dans un communiqué, attribuant cette baisse à un recul des cours du brut. Aramco s’est dit « prêt à une introduction en Bourse », sans toutefois dévoiler le calendrier. C’est au gouvernement de décider du moment opportun en attendant « des conditions optimales de marché », a déclaré Khaled al-Dabbagh, vice-président du groupe public, lors d’une conférence téléphonique de présentation des résultats, la première de son histoire.

La publication des résultats est rarissime pour le géant saoudien très discret sur ses comptes. Saudi Aramco avait déjà dévoilé début avril des bénéfices considérables pour 2018, qui faisaient du géant saoudien du pétrole l’entreprise la plus rentable au monde avec 111,1 milliards de profit annuel. Ce chiffre dépassait de près d’un tiers le bénéfice cumulé des cinq supermajors : les américaines ExxonMobil et Chevron, la britannique BP, l’anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et la française Total. Il était quasiment le double de celui d’Apple (59,3 milliards pour son exercice décalé 2018), société cotée qui réalise les plus gros bénéfices au monde.

Les marchés attendent les détails et le calendrier d’une potentielle entrée du groupe en Bourse, qui devrait être la plus grande vente mondiale d’actions. Cette opération, initialement prévue en 2018, a été repoussée en raison de conditions de marché défavorables.

En juin, le prince héritier Mohammed ben Salmane avait précisé dans une interview que l’Arabie saoudite restait engagée à vendre jusqu’à 5 % du géant pétrolier public sur les marchés financiers, mais seulement au « bon moment », évoquant une introduction entre la fin 2020 et le début 2021.