Vol de données: Desjardins fait une première provision de 70 millions

Les résultats publiés lundi ne renferment aucun coussin pour d’éventuelles actions collectives, le tribunal n’ayant pas encore statué sur leur pertinence.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les résultats publiés lundi ne renferment aucun coussin pour d’éventuelles actions collectives, le tribunal n’ayant pas encore statué sur leur pertinence.

Le Mouvement Desjardins a comptabilisé une première provision, de 70 millions, liée aux vols de données touchant 2,9 millions de ses membres dans ses résultats du deuxième trimestre. Les excédents étaient toutefois au rendez-vous, grâce notamment aux activités du réseau des caisses, et les ristournes aux membres sont en hausse.

L’annonce a été faite le 20 juin. Le Mouvement Desjardins déplorait publiquement que certains renseignements personnels de 2,9 millions de ses membres, particuliers et entreprises, aient été communiqués à des personnes à l’extérieur de l’institution, par l’action malveillante d’un employé congédié depuis. L’institution coopérative a pris la décision d’inscrire une première charge et provision dans ses résultats du deuxième trimestre, clos le 30 juin. Cette ardoise comprend les charges et provision liées à « la mise en place des protections pour nos membres, soit le service de surveillance du crédit et la Protection membres Desjardins ». L’institution coopérative prend soin d’ajouter qu’elle « pourrait réévaluer cette provision périodiquement selon la situation ».

En détail, 30 millions sont essentiellement associés aux ententes conclues avec Equifax et TransUnion. Cette somme devrait couvrir la facture à assumer pour les cinq prochaines années, a précisé le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier. Les 40 millions restants se veulent une provision pour couvrir les débours éventuels du programme « Protection membres Desjardins ». Selon les estimations et projections retenues par l’institution, cette dernière somme pourrait être suffisante pour les prochaines années. Les résultats publiés lundi ne renferment aucun coussin pour d’éventuelles actions collectives, le tribunal n’ayant pas encore statué sur leur pertinence.

Gros excédents

Cette écriture s’inscrit au cours d’un trimestre dominé par la comptabilisation d’un excédent avant ristournes de 692 millions, en hausse de 2,2 % sur un an, de 26,3 % si l’on tient compte d’un d’un excédent rajusté de 548 millions au deuxième trimestre de 2018 pour tenir compte d’éléments non récurrents. « Ces résultats s’expliquent par la bonne performance des activités du réseau des caisses ainsi que par les activités du secteur Assurances de dommages, qui affiche une hausse des revenus de primes et une sinistrabilité favorable par rapport au trimestre correspondant de 2018. » La baisse de la dotation à la provision pour pertes de crédit a également contribué.

Le trimestre s’est terminé avec un rendement sur capitaux propres rajusté de 10,6 %, contre 8,9 % un an plus tôt. La provision pour ristourne totalisait 80 millions au 30 juin, en hausse de 13 % sur les 71 millions inscrits au 30 juin 2018. Au premier trimestre, la provision pour ristournes atteignait les 77 millions, contre 50 millions un an plus tôt.

Au cumul pour l’ensemble des six premiers mois, les excédents avant ristournes se sont chiffrés à 1,09 milliard, en baisse de 7,2 % par rapport à ceux de 1,18 milliard du premier semestre de 2018. Mais en hausse de 4,2 % lorsqu’ils sont ajustés pour tenir compte des effets non récurrents de 2018. Ces résultats renferment des excédents moindres en assurance de dommages en raison d’une sinistrabilité défavorable mesurée au premier trimestre, liée aux inondations et aux conditions hivernales particulières. Le rendement sur fonds propres rajusté est demeuré inchangé à 8,6 %.

Avec La Presse canadienne