Dieselgate: l’ex-patron d’Audi devant la justice allemande

L’ancien patron d’Audi, Rupert Stadler, soupçonné par la justice allemande de chercher à influencer des témoins ou d’autres suspects.
Photo: Christof Stache Agence France-Presse L’ancien patron d’Audi, Rupert Stadler, soupçonné par la justice allemande de chercher à influencer des témoins ou d’autres suspects.

L’ancien patron d’Audi Rupert Stadler a été renvoyé à son tour devant la justice allemande au sujet du scandale des moteurs diesel truqués, comme celui de Volkswagen mi-avril, quatre ans après l’éclatement de cette affaire tentaculaire.

Rupert Stadler et trois autres cadres ou anciens cadres d’Audi devront répondre de « fraude », « émission de faux certificats » et « publicité mensongère » devant des magistrats spécialisés dans les infractions économiques, qui boucleront la phase d’instruction, a annoncé le parquet de Munich. Les quatre hommes se trouvent ainsi dans l’antichambre d’un procès, au même stade que l’ex-patron du groupe Volkswagen, Martin Winterkorn, renvoyé en avril pour « fraude aggravée », « abus de confiance » et « violation de la loi contre la concurrence déloyale » par le parquet de Brunswick aux côtés de quatre autres prévenus.

Le parquet reproche à M. Stadler, 56 ans, d’avoir continué à écouler quelque 434 000 voitures diesel équipées de logiciels truquant leurs émissions de dioxyde d’azote, alors qu’il a eu connaissance « au plus tard fin septembre 2015 » de cette manipulation. Entré chez Audi en 1990 et p.-d.g. depuis 2007, M. Stadler avait déjà été en juin 2018 le premier dirigeant de l’automobile placé en détention provisoire dans ce dossier, soupçonné par la justice de chercher à influencer des témoins ou d’autres suspects.

Audi avait pour sa part consenti en octobre 2018 à payer une amende de 800 millions d’euros décidée par le parquet de Munich, en raison de « manquements » à son « devoir de surveillance » concernant l’homologation de voitures diesel.

Le « dieselgate », qui entache la réputation de l’industrie allemande et précipite le déclin de cette motorisation, avait éclaté en septembre 2015 chez Volkswagen, maison mère d’Audi, avant d’éclabousser une grande partie du secteur.