L’ex-CSeries au coeur d’un plan de modernisation chez Air France

La commande de 60 appareils A220-300 est évaluée à près de 5,5 milliards $US.
Photo: Pascal Pavani Agence France-Presse La commande de 60 appareils A220-300 est évaluée à près de 5,5 milliards $US.

L’ex-CSeries de Bombardier se retrouve au centre de la modernisation de la flotte d’Air France-KLM. Le groupe européen a confirmé une commande ferme portant sur 60 appareils A220-300 qui seront exploités sous les couleurs d’Air France, et une sortie des gros-porteurs A380.

La rumeur circulait depuis quelques jours. La décision a été annoncée au terme de la réunion du conseil d’administration d’Air France-KLM tenue mardi. « Ces décisions concrétisent l’ambition du groupe de simplifier et harmoniser sa flotte, mais aussi d’améliorer sa compétitivité avec des avions plus modernes, plus performants et dont l’empreinte environnementale est largement réduite. Cette évolution est clé pour retrouver une marge opérationnelle aux meilleurs niveaux de l’industrie », lit-on dans le communiqué de la compagnie aérienne.

Airbus a donc décroché une commande ferme pour 60 A220-300, évaluée à près de 5,5 milliards $US au prix catalogue, assortie d’options portant sur 30 appareils additionnels et de 30 droits d’acquisition supplémentaires. Ces appareils de l’ex-CSeries, dont les premières livraisons sont prévues en septembre 2021, viendront remplacer progressivement les A318 et A319 d’Air France.

 
551
C’est le nombre d’appareils A220-300 qui figuraient au carnet d’Airbus le 30 juin dernier, selon l’entreprise.

« Cet appareil permettra à la compagnie d’accroître sa compétitivité en diminuant son coût au siège de plus de 10 % comparé aux avions qu’il remplacera », souligne le groupe franco-néerlandais, dirigé depuis peu par Benjamin Smith, ex-numéro deux d’Air Canada. Il permettra à Air France « de réduire son empreinte environnementale. L’A220-300 génère 20 % d’émissions de CO2 en moins comparé à des appareils de sa catégorie et est deux fois moins bruyant. »

Ces appareils seront fabriqués à l’usine de Mirabel d’Airbus. « Cet engagement d’Air France confirme la crédibilité du programme et sécurise de bons emplois au Québec. Après avoir vécu des périodes plus difficiles ces dernières années, cette nouvelle était attendue », a souligné le coordonnateur québécois du Syndicat des machinistes, David Chartrand, dont les membres ont signé le 15 juin un contrat de travail de cinq ans. « Cet ajout de 60 appareils aux ventes des derniers mois nous permet de croire qu’Airbus pourrait bientôt augmenter son niveau d’activités au Québec. »

Selon les données syndicales, l’usine maintient présentement le rythme de fabrication d’un appareil par période de cinq jours. Au total, 2500 employés travaillent au sein du programme, qui doit livrer cette année 45 avions, avait souligné Airbus en juillet, dans le cadre du 1er anniversaire du passage du Cseries au sein d’Airbus.

À l’hiver 2018, avant la prise en charge d’Airbus, le carnet de commandes de l’A220 se chiffrait à 370 appareils. Il s’établissait à 551 appareils au 30 juin dernier indique Airbus. Le fabricant vise une cadence de 10 appareils par mois à l’horizon 2025, et prévoit de doter ses installations de Mirabel d’une usine de préassemblage.

Dans l’exercice de redéploiement de sa flotte, Air France-KLM poursuivra également sa sortie des gros-porteurs A380. La décision touchant initialement trois de ces appareils est étendue aux sept restants, qui devraient être retirés du parc d’ici à 2022. « L’environnement de compétition actuel limite les marchés sur lesquels l’A380 peut être exploité de façon rentable. Avec ses quatre réacteurs, l’A380 consomme de 20 à 25 % de carburant en plus par siège que les appareils longs-courriers de nouvelle génération et émet plus de CO2 », précise le groupe européen. Le choix de remplacement n’a pas été fait. « Air France-KLM étudie les options possibles pour le remplacement de ces appareils par des avions de nouvelle génération aujourd’hui disponibles sur le marché. »