Trump vilipende la Chine à la reprise des négociations commerciales

Pékin et Washington sont engagés depuis l’an dernier dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’imposition réciproque de droits de douane punitifs portant sur plus de 360 milliards de dollars d’échanges annuels.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Pékin et Washington sont engagés depuis l’an dernier dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’imposition réciproque de droits de douane punitifs portant sur plus de 360 milliards de dollars d’échanges annuels.

Donald Trump a vivement critiqué la Chine mardi, alors que les négociateurs américains venaient à peine d’arriver à Shanghai pour y relancer les négociations visant à mettre fin à la guerre commerciale entre les deux pays.

« Mon équipe est en train de négocier avec eux maintenant, mais ils [les Chinois] finissent toujours par modifier l’accord à leur avantage », a tweeté le président américain.

Les discussions, qui se déroulent dans la capitale économique chinoise, sont les premières en face-à-face depuis l’échec brutal des négociations en mai, lorsque Donald Trump avait accusé Pékin d’avoir manqué à ses engagements.

Cette fois-ci, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que la Chine était censée commencer à augmenter ses achats de produits agricoles mais que « rien ne dit qu’ils soient en train de le faire ».

« C’est le problème avec la Chine, elle ne fait tout simplement pas » ce qu’elle dit qu’elle va faire, a-t-il lancé.

 

 

Pékin et Washington sont engagés depuis l’an dernier dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’imposition réciproque de droits de douane punitifs portant sur plus de 360 milliards de dollars d’échanges annuels.

Le représentant au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin n’ont pas parlé à la presse après leur arrivée mardi à Shanghai.

Un convoi de véhicules, supposé transporter les responsables américains, s’est dirigé dans la soirée vers un célèbre hôtel de la ville, le Peace Hotel, où ils devaient dîner avec des membres de la délégation chinoise.

« Beaucoup plus dur »

Robert Lighthizer et Steven Mnuchin devraient mener une journée complète de négociations mercredi en présence du vice-premier ministre chinois Liu He — un proche du président Xi Jinping.

Mais les derniers tweets de Donald Trump renforcent l’impression que les négociations de cette semaine ne devraient pas déboucher sur des avancées majeures.

Le président américain a estimé que la Chine jouait la montre et attendait l’élection présidentielle américaine de 2020, en espérant sa défaite. Mais, a-t-il menacé, elle aurait un accord « beaucoup plus dur que celui que nous négocions maintenant… ou pas d’accord du tout » s’il remportait le scrutin.

« Nous avons toutes les cartes en main, nos ex-dirigeants ne l’ont jamais compris ! », a-t-il encore écrit.

Le différend bilatéral s’est étendu au domaine technologique avec l’inscription au mois de mai du géant chinois des télécoms Huawei sur une liste noire de l’administration américaine pour des raisons de sécurité. Huawei a reconnu mardi se battre pour sa « survie », en dépit de ventes en hausse au premier semestre.

Les négociations se déroulent dans un contexte compliqué pour Pékin, qui fait face depuis plusieurs semaines à d’importantes manifestations — dont certaines violentes — à Hong Kong, et d’une forte hostilité des États-Unis.

Donald Trump a menacé de dénoncer le statut de pays en développement de membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une mesure qui vise prioritairement la Chine. Dans une réponse cinglante, Pékin a fustigé lundi « l’arrogance et l’égoïsme » des États-Unis.

Des concessions ?

L’agence de presse officielle Chine nouvelle a admis mardi dans un commentaire que les relations entre Pékin et Washington étaient « tendues » et appelé les États-Unis à « traiter la Chine avec tout le respect dû » s’ils veulent un accord.

La reprise des négociations marque toutefois un pas positif après la trêve dans la guerre commerciale convenue fin juin entre Donald Trump et Xi Jinping lors du sommet du G20 au Japon.

La tenue de pourparlers à Shanghai est un clin d’oeil à une époque où les relations entre les deux pays se sont améliorées, comme en témoigne le Communiqué de Shanghai de 1972 — une étape importante dans l’établissement de relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine.

Mais Pékin comme Washington font preuve d’un optimisme prudent sur les chances d’aboutir à un accord.

La rhétorique n’a d’ailleurs pas faibli dans la presse contrôlée par le pouvoir chinois. L’influent quotidien anglophone China Daily a conseillé mardi aux États-Unis de « renoncer à leur tactique de pression maximale », la jugeant « inefficace contre la Chine ».

Signe de la défiance entre les deux puissances, le ministre chinois du Commerce Zhong Shan, considéré comme un dur, pourrait jouer un rôle plus important dans ces négociations.